23.11.2006

interlude militant

Voyons voyons... quel ton adopter pour évoquer cette journée d'hier ? Musical : Les Larmes de Jacqueline (Offenbach) : l'art des nuances. Apétissant : Le Chai Tea Latte de chez Starbucks Erudit : Initiation à l'édition de textes anciens : le cas de l'"Apologie de Protagoras" dans le Théétète de Platon Malin : Mille et une bonnes idées pour passer le temps pendant un cours chiant comme la pluie. Fataliste : Vous pondrez un laïus de circonstance sur l'étrange et douloureuse loi qui fait que quand deux personnes assises dans un Starbucks coffee prient pour qu'il n'y ait pas de pluie quand elles rentreront chez elles, il pleut nécesairement à torrents le moment venu. Religieux : Composez un tract d'adhésion à une nouvelle secte qui honorerait en qualité de gourou incontesté une jeune femme de 22 ans qui fait deux heures de marches le mardi et une heure de vélo (dont moitié sous la pluie) le vendredi ; vous vous appesantirez lourdement sur la nécessité de pratiquer un exercice physique régulier en notre sédentaire époque, et tâcherez de caser des formules latines du genre "mens sana in corpore sano", "alea jacta est", etc. Poétique : "J'aime l'odeur de la pluie le soir au fond des bois, le zouizoui flûté de ma dynamo défaillante, le schouischoui léger des pneus qui glisent dans la boue". Continuez dans cette veine. ... Rha ! C'est vraiment trop compliqué, mieux vaut laisser tomber ; d'autant que, finalement, à quoi bon s'appesantir sur des détails aussi futiles quand des problèmes tellement plus cruciaux méritent d'être par nous soulevés ? "Le petit-déjeuner éternise le temps", déclamait l'autre jour un certain C&T devant son bol de café au lait et ses tartines, avant de soulever un problème hautement problématique : le cas de la Triscotte. "Comment ? Tu ne connais pas les Triscottes ?? Oh, mais c'était vachement bon ! C'était... c'était, comment dire..."

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Hélas, je suis trop jeune ou trop malchanceuse pour avoir jamais goûté cet objet comestible non identifié qui, ainsi présenté, attise assurément ma curiosité. Quel sort funeste a donc frappé cette soi-disant "délicieuse biscotte, qu'était pas vraiment une biscotte, en fait" ? Pour le savoir, j'ai bien entendu posé la question à mon ami très cher, ce bon vieux google. Et comme je ne doute pas qu'à présent cette question vous taraude littéralement, voici les réultats de mon enquête : Les Triscottes appartiennent à la marque Heudebert, qui elle-même appartient à Lu, qui elle-même appartient à Danone. Rha, sacré Danone... C'est bien simple, pour moi, quelqu'un qui fait des pubs aussi horripilantes ne peut qu'être foncièrement mauvais ; or le cas des Triscottes ne fait que me conforter dans cette opinion, puisqu'il paraît que je ne sais qui (mais c'est le pdg de Danone, M. Riboud, qui en porte évidemment la responsabilité) a osé comettre une nouvelle génération de Triscottes, dont la recette a été complètement changée et qui, paraît-il, sont aussi délicieuses à tremper dans du café que des parpaings en béton. Des vies sont en jeu ; aujourd'hui, des internautes se mobilisent pour militer en faveur du retour à l'ancienne Triscotte, la vraie, la si délicieuse, et ils prennent cause pour le camarade LST, dont la vie semble bel et bien brisée depuis la disparition de sa triscotte adorée, et qui en est réduit à bidouiller des films de bombay TV pour que sa biscotte chérie ne soit pas oubliée.. Et tous de publier des notes bien senties sur le sujet, qui toutes mènent par un lien astucieux au cri désespéré du pauvre LST, dont ils espèrent bien que Google se fera l'écho ; après, je suppose qu'ils envisagent de séquestrer un haut placé de chez Danone, Lu voire Heudebert devant son ordinateur jusqu'à ce que celui-ci ait la bonté de taper la recherche "Triscotte" ou "Triscottes" sur son moteur de recherche préféré. Personnellement, je me sens très concernée par cette cause, moins par syndrome de Proust que parce que tout cela m'a beaucoup intrigué et que j'aimerais bien, au final, savoir quel goût peut déchaîner autant de passions, autant sur internet que dans l'esprit nostalgique de mon C&T. medium_triscottes_alsacienne.jpgEt puis, apparemment, à l'époque où on ne gavait pas les enfants d'actimel pour en faire des basketteurs, les femmes qui mangeaient Triscotte avaient la tête pleine de rêves incroyables. De là à prétendre que le produit contiendrait des substances illicites, et que c'est pour ça qu'on aurait changé la recette... anyway ; une bien noble cause que celle des Triscottes, et à laquelle, donc, je m'associe pleinement, en apposant le Logo de circonstance.
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Cependant, je conçois volontiers qu'une note exclusivement consacrée à un truc à manger dont j'ignore jusqu'au goût réel, ça ne fait pas très sérieux ; aussi m'empressé-je de profiter à présent de votre coeur ému pour évoquer cette fois un truc à boire dont j'ignore jusqu'au goût réel. medium_starbucks.jpgChez Starbucks, le Chai Tea Latte est délicieux, c'est vrai, mais j'avoue que cette boisson délicieusement chaude et épicée (surtout quand on s'amuse à la corser un peu plus à la cannelle et la noix de muscade) a aussi un peu tendance à m'endormir quand je papote sur un de ces grands fauteuils moelleux de la chaîne. Alors, la solution, ce serait de prendre une boisson fraîche, évidemment. L'ennui c'est qu'en la matière, le choix est plutôt limité, puisqu'on a en gros deux parfums possibles : frappucino mango citrus, ou frappucino framboise.
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Quand à cela on rajoute le fait que ma chère mère a été traumatisée par le premier vu qu'un kleptomane agressif lui en a renversé un sur la figure, et que de toute façon je suis pas fana de mangue, ben... Ouais, non, franchement, faut nous améliorer ça ! Trouvez-nous d'autres frappucinos ! Bon, maman et moi, on a une idée excellente de parfum excellent, une idée originale, colorée, et très couleur locale : faites un frappucino à la myrtille !!!! J'ignore à qui appartient Starbucks, qui est son pdg, et je n'ai aucun logo alléchant pour vous donner envie de nous unir à notre cause pour un produit qui n'existe pour le moment que dans notre imagination fertile, à Mag et moi, mais franchement... c'est une idée de génie, et je pèse mes mots. Alors, comme je doute que les messieurs de Starbucks traînent beaucoup sur les blogs, le plus simple pour nous rejoindre dans ce noble combat est sans doute de remplir les jolis questionnaires qui traînent dans n'importe quel starbucks... Dites-le, criez-le, chantez-le sur tous les tons, dans tous les modes : ON VEUT DES FRAPPUCINOS A LA MYRTILLE !