29.11.2006

Salade mixte

Si mon C&T était une andouille, je serais une poire ; ceci a été convenu d'un commun accord par les deux partis en présence. Mais je serais une poire à la crème, tandis que mon C&T serait, lui, un ravioli à l'andouille. Par contre...je ne sais plus pourquoi.

"Ne le prends pas mal, par contre, Violaine, mais, bon, j'adore les poires, j'adore la crème fraîche, mais je suis pas sûre que le mélange des deux..."

Je proteste ! Je proteste énergiquement ! Il n'est rien de plus délicieux qu'une tarte aux pommes tiède nappée d'une grosse cuillère de crème bien jaune, et on peut supposer qu'une tarte aux poires, ça le fait aussi... D'ailleurs on trouve bien plus de résultats sur google en tapant cet alliage que l'association "andouille" et "ravioli" ; et pourtant, j'aime les deux.

medium_cent_fois_bon.jpgQuand j'étais petite, l'une de mes histoires favorites était "Un gâteau cent fois bon", dont le scénario est assez simple : un chat et un chien décident de faire un gâteau pour leur maître. Pour ce faire, ils se disent qu'en mettant les cent choses qu'ils préfèrent, ils feront un gâteau cent fois bon. Inutile de dire que la simple évocation des ingrédients mélangés était assez écoeurante (genre confiture, fromage, souris, moutarde), mais au final le gâteau était bel et bien boulotté. Seulement, le méchant loup qui s'en était gavé finissait avec une indigestion sévère.

Morale de cette histoire ô combien édifiante : on ne fait pas un gâteau cent fois bon en mélangeant n'importe quoi.

Cette histoire m'est revenue en tête alors que je passai successivement devant deux affiches de "films de Nowel pour petits n'enfants sages", vous savez, ce genre de films à cause desquels vous regrettez que votre frère soit devenu trop grand pour pouvoir vous servir d'alibi. Or, dans chacun des cas, les producteurs ont joué au gâteau cent fois bon. Je m'explique.

Cas Numéro 1 : Souris City.
L'affiche est explicite : Souris City, c'est

medium_shrek.jpg mélangé à medium_wallace_gromit_1.jpg









Autrement dit une co-réalisation des studios Aardman et Dreamworks ; en tant que fan inconditionnelle de Wallace et Gromit et d'assez fan de Shrek le gentil n'ogre vert, je me frotte les mains, mais je demeure sceptique... Aardman sans pâte à modeler est-il vraiment Aardman ? N'est-il pas malhonnête d'appâter le chaland de base (moi en l'occurrence) en gratifiant la souris de l'histoire d'un sourire alla Wallace, et en l'entourant de grosse genouilles vertes un peu costaudes alla Shrek ? En plus, les critiques sont pas du tout dithyrambiques... Comme quoi on peut aimer les andouilles et les raviolis, mais c'est pas pour autant qu'on aimera les raviolis à l'andouille.


Cas Numéro 2 : Happy Feet.
Cette fois encore, une affiche tout à fait explicite. Cette fois, nous avons droit à une mixture
medium_marche_de_l_empereur.jpg à la sauce medium_Baloo-med-Mowgli.jpg










Le pitch ? Ben c'est des pingouins qui dansent sur la banquise. alors moi, franchement, j'ai aucune affection particulière pour les pingouins, hein, et j'ai été assez déçue en général par les derniers Disney (j'ai mis ue image du Livre de la Jungle, mais c'est bien parce que je veux un joli Blog, hein...) . Autant dire que les "Joyeux pieds", là, je vais leur laisser jouer à Kamel Ouali tous seuls sur leur banquise ; mais ma soeur, qui a été le voir à une projection de presse, a trouvé ça pas si mal, en fin de compte. Donc bon... peut-être s'agit-il en fait d'un mélange dinde + marrons, deux trucs pas très bons et assez indigestes qui, ensemble, font festif ? La question reste entière, mais nous laisse un arrière-goût légèrement optimiste, en fin de compte.


Ce qui tombe bien, car j'en suis précisément à me poser la question d'un alliage plus délicat, celui de votre servante, violoncelliste pataude et surtout à l'aise dans les trucs bien chantants et pépères, avec une collègue qui, paraît-il, s'en sort plutôt sur le nerveux, rythmé, vif... Pour le moment, je me berce de l'espoir que nous serons la crêpe complète des duos pour violoncelle, que nous insufflerons nos avantages à l'autre plutôt que de lui piquer ses défauts... Mais ça ne m'empêchera pas d'avoir à bosser sérieusement la précision et tout ça, si je veux pas que l'ensemble ne ressemble à rien. Parce que, on peut parler mélanges et tout, espérer planquer les arrières-goûts douteux sous une couche de crème épaisse... Ben, par exemple, la boulette d'Avesnes, on peut y rajouter ce qu'on veut, ça reste pas bon du tout. Un avis qui n'engage évidemment que moi ; je salue d'ailleurs la société française des amateurs de boulette d'Avesnes.