24.09.2006
Beuleubeuleu
[22/01/05]
Chers amis, chers ennemis, bonjour à tous ! Un sujet tout à fait passionnant du forum de Pern (dont vous trouverez le lien en bas à gauche de ce blog, mais bon, maintenant que je sais faire un lien faut bien que je frime un peu), donc, disais-je, un sujet fort intéressant nous demandait à quels jeux nous jouions.
Toute ma vie a été bercée par le beuleubeuleu, joli mot assez mystérieux, il faut le dire, qui désigne en fait le jeu de cartes le plus stupide que la terre ait jamais porté, et dont j'ai longtemps ignoré qu'il avait été inventé dans le cadre restreint de notre famille et/ou de nos amis. Le jeu du beuleubeuleu est convivial et crétin. Il n'exige absolument aucune capacité intellectuelle, et rend ridicules tous les gens qui y jouent. Il est très convivial et constitue, à ce titre, le jeu idéal pour vos nuits en refuge, histoire de vous mettre en forme avant le sommet qui vous attend le lendemain. Cependant, il n'est pas nécessaire de se trouver à plus de trois mille mètres d'altitude pour y jouer, ceci pour rassurer à l'avance nos lecteurs néerlandais (je sais qu'ils sont nombreux...)
Trêve de blablatage. Il est temps de passer au contenu du jeu lui-même !
*dites : ouiii !*
Pour jouer, il vous faut :
- un jeu de cartes (même pas nécessairement complet, d'ailleurs) mais modèle 52 cartes, hein ! ^^
- quelques bons amis (le plus possible), le minimum étant sans doute de...trois quatre. Mais comme on dit, plus on est de fous, plus on rit. Vos amis devront être équipés d'une bouche et d'une main.
Et voilà ! c'est tout ! N'est-ce pas merveilleux ! Enfin, il y a tout de même quelques règles...
- Répartissez le tas de cartes dont vous disposez (comme je le rappelle, ça peut être un agglutinement infâme de plusieurs jeux incomplets) entre les différents joueurs, qui se placent convivialement en cercle et posent leur paquet devant eux. Vous pouvez commencer à jouer !
*dites : Aaaah !*
- Chacun à son tour pose une carte au centre, et ainsi de suite. Lorsque la carte est un 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8 ou 9, contentez-vous de regarder en riant les autres joueurs et d'attendre avec angoisse la carte du suivant.
Pour les autres cartes, par contre, il vous faut agir.
- Si un valet s'avance, vous saluez cette gloire des armées françaises d'une main placée martialement sur le côté de votre tête (n'importe lequel, sauf sivous jouez avec des militaires pointilleux). Bon, comme je suis un ange, je vous mets une belle n'image.

[Impossible de retrouver l'image originale]
Si vous pouvez avoir le même air que la dame ci-dessus, c'est parfait ! Mais vous n'avez pas besoin d'un képi...
- Si c'est une dame qui pointe le bout de son mocassin, vous dites poliment : "bonjour Madame !" Sans un geste, c'est compris ?
- Et si c'est un roi, vous lui dites : "bonjour Monsieur !". Les variantes comme "altesse", "Sire", "Votre gracieuse majeste" ne sont pas acceptées. vive la République ! euh, pas de "bonjour, citoyen", non plus...
- Si vous voyez se profiler la silhouette malicieuse d'un As, gare à vous, prenez votre main préférée (ou l'autre, au choix) et frappez aussi brutalement que possible le paquet du centre. Il est préférable de demander aux joueurs d'enlever leurs bagues avant le début de la partie. Bon, comme tout jeu débile qui se respecte, le dernier qui tape récupère tout le paquet...
-Si vous vous trompez : c'est-à-dire, que vous dites le moindre "bon..." à un valet -ou à toute carte qui n'est pas un roi ou une dame, si vous saluez militairement une dame ou toute autre carte, bref, quoi que vous fassiez qui soit pas ce qu'il faut faire parce que la Rèèègle l'aura décidé, eh ben, paf, vous récupérez le paquet du centre. ahi ! C'est bête, hein ? Et le gagnant est le premier à avoir fini son petit paquet à lui, bien sûr.
Vous voyez, quand je vous disais que c'était un jeu stupide ! Bon, il est évident que ce jeu doit se jouer le plus vite possible! Si vous passez trois heures à examiner chaque carte pour regarder de près si c'est un R ou un V qu'il y a dans les coins, ça n'est plu drôle du tout ! Donc, voilà, allez très vite, et ne jouez pas avec des personnes cardiaques, femmes enceintes, et autres personnes à risques. Quoiqu'une femme enceinte doit pouvoir supporter, I guess...mais je voudrais pas qu'on me colle un procès au dos. On va pitêtre dire que je pervertis la jeunesse avec mes jeux idiots ? Oui mais, j'ai eu une enfance difficle, monsieur le juge, vous en avez la preuve sous les yeux...
Voilààà ! Si j'ai oublié quelque chose, dites-le moââ !
(un esprit averti aura compris que le but de cette note est de faire un lien machiavélique depuis Pern sur le présent Blog -enfin, si les gens veulent la règle, bien sûr...Donc je n'attends que des commentaires super élogieux de votre part ! :D)
Sauf que maintenant que je ne suis plus sur pern, cette note acquiert un caractère généreux et désintéressé qui n'est pas pour me déplaire !
18:30 Publié dans La cathédrale engloutie | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : beuleubeuleu, jeu, cartes, pern
17.07.2006
Epigraphie Latine
[04/11/04]
-Bonjour, les enfants ! Aujourd'hui, en épigraphie latine, nous allons parler du nom romain, et de sa transmission. Alors, comme vous le savez, les romains ont un nom en trois parties (en général) : Prénom (praenomen), Nom (nomen), et surnom (cognomen). Pour voir comment ça marche, nous allons parler de la famille des Flaviens.
- Oh ! Chic, chic !
- Les Flaviens, c'est la famille de Flavie Flament ?
- Ignare ! Tu auras trois mauvais points ! Ne sais-tu pas que les Flaviens sont une famille qui a donné à Rome trois empereurs ? Qui peut me les citer ? Personne ? Ah si !
- Vespasien, Titus et Domitien, m'sieur !
- Très bien, Agnan, tu auras droit à un carambar. En gros, Vespasien a en effet régné après le dernier des Julio-Claudiens, l'infâme Néron.
- Ah ! ah ! Pas Néron !
- Du calme, du calme, jeune fille. Bon, machin, emmenez votre camarade à l'infirmerie. Je disais juste ça pour situer, voyons. Donc, après Vespasien (69, il y a eu son fils aîné, Titus, puis son cadet, Domitien. Maintenant, passons aux choses sérieuses.
- Ah, chic !
- Ne m'interrompez-pas, s'il vous plaît. Celui que nous appelons Vespasien s'appelait en fait Titus Flavius Vespasianus. Titus, c'est son prénom. Flavius, c'est le nom de famille : la famille des Flaviens. Et Vespasianus, c'est son surnom. Sachez maintenant qu'en latin, il était fréquent que le nom du père se transmette au fils. Donc Titus, l'aîné, s'appelait... s'appelait ?
- Titus Flavius Vespasianus ?
- Vrabo, Agnan, tu auras deux carambars ! Et son frère, Domitien, s'appelait ?
- Titus Flavius Vespasianus ?
- Sombre crétin ! Il ne les appelait quand même pas tous pareil ! Il s'appelait Titus (pas beaucoup d'imagination, ces Romains) Flavius (normal, c'est le nom de famille)... Domitianus ! On a juste changé son cognomen !
- Oooooh !
- Maintenant, Vespasien avait un frère aîné, qui s'appelait Titus Flavius Sabinus, qui était à Rome quand Vespasien a marché sur Rome. D'ailleurs, il s'est fait assassiner par le concurrent de Vespasien, Vitellius.
- Il a été empereur en 69, n'est-ce pas ?
- Fayot !
- du calme. Oui, Agnan, mais ce n'est pas le sujet. Le père de Vespasien et son frère s'appelait donc, si vous suivez...
- Titus Flavius Sabinus ?
- Trèèès bien ! Et comment s'appelait sa femme ?
*silence de mort*
- Ahaa, vous ne devinez pas ? Bon, nous avons vu que les femmes à Rome n'avaient pas de prénom. Ils avaient bien raison, ces romains. Donc, elles avaient juste un nom de famille et un surnom. La mère de Vespasien s'appelait... Vespasia Polla.
- Oh, comme c'est amusant, quelle coïncidence ! Vespasia comme Vespasianus !
- Mais non, Vespasianus comme Vespasia ! Et ce n'est pas une coïncidence, c'est fait exprès : le fils cadet tirait souvent son surnom du nom de famille de sa mère.
- Oooooh !
- Bon, les enfants, je dois y aller, je dois aller chercher ma mère à la gare avec mon fils. Le cours est terminé, nous nous revoyons demain ! Vous verrez, ça va devenir de plus en plus amusant.
- Ooooh ! vivement demain !
- Fayot !
- Silence ! Agnan, voilà tes carambars, mon chou. Au revoir, à demain !
Bon, ben voilà, la note que je préfère de toute ma magnifique carrière de blogueuse. Je ne me permettrai donc d'autre commentaire que le rappel d'un lien vers un excellent site sur le sujet assez peu palpitant, a priori, je vous l'accorde, des empereurs romains.
22:55 Publié dans La cathédrale engloutie | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : nom romain, julio-claudiens, épigraphie, empereurs, Vespasien
15.06.2006
Fashionista
[01/12/04]
Hier matin, dans le métro, les affiches publicitaires chantaient les louanges de Gap, avec l'aimable participation de l'actrice de Sex and the city dont je ne me souviens plus le nom. Mais vous voyez, n'est-ce pas ? C'elle qui se met les pulls gaps sur la tête en demandant "Comment le portez-vous ?"
Sur ces affiches, donc, madame je sais plus comment pose, soit seule, soit entourée d'une cohorte de beaux mâââles qui la serrent de près, car le slogan spécial Noël est "comment le partagez vous ?"...huhu...elle s'en fait pas, la madame je sais plus comment. Mais bref. Ce n'est pas ce qui m'intéresse. Sur l'affiche, je remarque que le black (il faut un black, politiquement correct) au crâne presque aussi bien poli que celui d'Orpheo, porte un très joli cache-oreilles blanc.
Et là je crie, je frémis, je frissonne, je tressaille, je défaille. Enfer et damnation ! Gap m'a piqué mon idée ! J'étais certaine de remettre les cache-oreilles au goût du jour ! Vi, maintenant que je sais que je suis une fashionista... Bon, c'est vrai, j'imaginais pas ces ptits trucs à poils sur des mecs...rhalala, ils sont encore plus innovants que moi, chez Gap !
Hier après-midi, ayant découvert avec stupeur que je n'avais pas cours d'étruscologie, je sors place de la Sorbonne et décide d'aller voir de plus près les fameux cache-oreilles, histoire de savoir à quel prix je pourrai moi-même les commercialiser (huhu). Eh ben, vous savez quoi ? Yavait pas de cache-oreilles, ni chez les hommes, ni chez les femmes, ni chez les gosses. Bon, bon... me voilà perturbée... Je vais enfiler mon pull rose, ça ira mieux ^^
Bon, après moult recherches, j'ai retrouvé le nom de l'actrice, qui n'était autre, vous l'avez deviné, que Sarah Jessica Parker. Sinon... Ben apparemment les cache-oreilles ont quand même pas eu beaucoup de succès, mais forcément s'ils n'en vendaient pas... Restent les peignoirs de ville. A creuser.
Ah, et pourquoi est-ce que cette année tout le monde vend des robes à pois style seconde guerre mondiale ???? C'est à cause de mon délire de l'année dernière sur les robes de ma mère ? Je crois qu'on s'est un peu laissés emporter sur le coup ! Et du blanc, cet été ? Du blond et du blanc ? On se la joue petit ange éthéré gambadant pieds nus sur la plage ? Rhaaa, nan, désoulée, mais avec moi ça va pas l'faire. Passé douze ans, à mon avis, ce genre de style vaut mieux éviter, à moins d'avoir un nom qui commence par Kate et qui finit par Moss.
Bon, je ne suis peut-être pas si fashionista, alors !
14:20 Publié dans La cathédrale engloutie | Lien permanent | Commentaires (18) | Envoyer cette note
09.05.2006
Touillette dans la Jet Set
28.11.04
Ou comment je me suis retrouvée un samedi soir chez Maxim's.
Tout a commencé il y a, quoi...deux semaines ? Mon oncle nous a téléphonés pour nous dire en riant qu'il avait été invité aux quarante ans d'un type dont il répare régulièrement l'ordi quand celui-ci merdouille. Le type en question, c'est Emmanuel de Brantes, et je ne sais pas grand-chose de lui, sinon qu'il a une moustache bizarre, qu'il fait une émission sur la mode, et qu'il serait parent avec Giscar d'Estaing. Enfin, bref. Ce type fêtait ses quarante ans samedi, chez Maxim's, et organisait pour l'occasion un "dîner de têtes" : le principe, c'est que vous vous habillez normalement mais vous déguisez la tête. Mon oncle nous téléphonait donc pour nous demander une idée. Il nous disait qu'il fallait que ce soit "artistique", et, dans mon grand génie, je lui ai dit de se faire une tête de Van Gogh : Un bandage sur l'oreille, une toque, et c'est bon.
En début de semaine, -je sais plus quel jour-, il m'appelle pour me demander si je veux bien lui faire son déguisement. Ben, oui, d'accord, que je dis. Et si ça me dit de l'accompagner. Ben, euh, oui, que je dis. Ben quoi ? On a pas tous les jours l'occasion (moi pas, en tout cas ^^) de dîner chez Maxim's...
Pour des détails sur ma journée de samedi, veuillez aller voir la rubrique familiale ; il est désormais 19h15, et je m'habille vite fait. Ma mère m'avait sorti une espèce de robe violette assez jolie mais...bref, me demandez pas pourquoi, j'avais pas l'intention d'y aller en robe. Pas là pour me faire remarquer, moi...pis quoi encore ? Donc, je lui pique plutôt un joli haut vert, je garde mon pantalon noir et s'ils ne sont pas contents, tant pis. C'était chic, moi, je trouve. Ensuite, il a fallu se maquiller ; j'avais décidé -ô mais OU vais-je chercher ces idées stupides ???- de me faire une tête de la Dora de Picasso. Une heure plus tard, fin prête, me voilà finalement dans le métro, avec ma tête bizarrement barbouillée ; je ne sais pas pourquoi, les Parisiens devaient être vraiment ailleurs, mais c'est à peine si une ou deux personnes m'ont eu l'air intriguées en me regardant. Ils doivent avoir des vies sympas pour être blasés comme ça ^^ Enfin, je vais pas 'en plaindre ; comme j'ai déjà dit, je suis pas là pour me faire remarquer.
Chez Maxim's, ils sont très gentils, très polis...ça fait très bizarre. Enfin, je veux dire, les gens que je rencontre sont très gentils, c'est pas ça, mais là, la politesse allait trop loin à mon goût. Vous voulez bien me lécher les bottes ? Mais certainement, mademoiselle ? La gauche ou la droite d'abord ?
Bref.
On peut pas dire que j'aie été très sociable...mais ces gens mettent bizarrement assez mal à l'aise. Ils se donnent tous l'air ravis, enchantés, tout est fôrmidable, ils vous parlent de tout et n'importe quoi, mais tout fait vraiment superficiel, superficiel... Ils vous demandent votre prénom, et puis parlent d'autre chose. On parle comme si on était super potes, mais on ne demande rien ; on prend les adresses alors qu'on n'a aucune raison de les garder en mémoire... Demander ce qu'on fait dans la vie est une question incongrue. Pour le dîner de têtes, ils ont mis des gros chapeaux, des grosses perruques, des masques à plumes. Oh, vous êtes subliiime ! Euh...merci...euh...vous aussi, c'est joli... Enfin bon, je dis ça comme si j'avais vraiment eu l'occasion -ce qui sous-entend l'envie- de parler aux jet-setteurs, pour de vrai...en fait, je suis surtout restée avec mon oncle et la collègue par qui il connaît de Brantes, et tout ça... Enfin, voilà. En un mot, cette soirée était bizarre... je ne dirais pas malsaine, mais enfin, j'étais pô...enchantée. Rhalala, je fais ma fine bouche ! ^^ Sans blague, j'ai préféré ma journée de dimanche (enfin, mon après-midi, vu que je me suis levée à 11h30). Mais pour celle-là, je pense que j'irai dans une autre rubrique.
Mine de rien, cette drôle de soirée m'a marquée. On a du mal à réatterrir, après ça. Bizarre de se dire que ces gens vivent toujours dans ce genre d'univers.
Ah, et j'ai pour la deuxième fois de mon existence laissé passer la chance de ma vie !
La première fois, c'était dans un bus pour aller chez mon oncle et ma tante ; je devais avoir onze-douze ans, peut-être moins, et un type est venu me parler, me demander si je faisais du théâtre, si ça m'intéressait... Bon, autant dire tout de suite qu'à l'époque (déjà ?) c'était vraiment mon truc, je prenais des cours et tout ça... mais bon, comme on ne parle pas à des inconnus, ou parce que j'ai tellement peur de me rendre compte que je suis pas géniale si j'essaie de partir dans ce genre de choses...bref, pourquoi exactement, je n'en sais rien, j'avais dit que non, que je n'en faisais pas et que ça ne m'intéressait vraiment pas dut tout, et que c'était là que je descendais, désolée.
Donc, hier, même type de topo. Alors que je cherchais désespérément le sac où j'avais laissé les lunettes de soleil qu'on m'avait données en cadeau (oui, n'importe quoi mais ils offraient des lunettes de soleil aux invités...Oo), un type à une table m'appelle et me demande mon nom ; me demande si ça va, je lui dis que je cherchais juste un sac mais que c'est pas grave (je vivrai sans lunettes à verres verts), il me dit qu'il a des choses très importantes à me dire et qu'il me propose de revenir s'assoir à sa table dès que j'aurai fini mon "shopping". Mais j'ai dit que je pouvais pas, qu'il fallait absolument que je parte. Il m'a dit que j'avais le choix ; m'a demandé si j'étais attendue, j'ai dit que oui. Mais c'était faux, bien sûr ; j'ai fait un petit sourire du genre eh oui, je suis heureuse, j'ai un chéri qui m'attend à l'autre bout de Paris. Et je suis partie. Non, je sais pas pourquoi, il me faisait un peu peur, ce type. J'aurais dû rester pour voir de quoi il voulait me parler, qui était si "important" ^^...vue la tronche que j'avais...enfin, bref. Il aurait été anglais, j'aurais peut-être dit oui, histoire de voir s'il avait des relations avec des acteurs britanniques (huhu), mais, tant pis...la deuxième chance de ma vie s'est envolée ^^ Bah, jamais deux sans trois, n'est-ce pas ? :p
Je ne saurais dire si cette note est très intéressante, je ne crois pas, malgré son caractère vaguement...ethnologique ? Mais elle est tout de même assez importante vu que, par son intermédiaire, mon oncle s'est retrouvé sur mon blog, et a refilé l'adresse à mes grands-parents, qui l'ont refilée... vous voyez le topo. Ca m'a fait un drôle de choc, sur le coup, mais depuis je m'en suis remise, comme de la soirée chez Maxim's ! Je n'y suis (comme c'est dommaaaage) pas retournée depuis, mais ça me permet toujours de faire mon horripilante intéressante quand je passe place de la Concorde... Ah, et puis je reçois aussi une fois l'an des invitations pour des vernissages et des trucs comme ça. Manque de pot, je suis jamais libre ! Zut alors !
10:09 Publié dans La cathédrale engloutie | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
04.04.2006
Overdose de croches
[24/11/04]
Beuuuh, comme dirait ma ptite maman adorée (que je vois après-demain ! Yippeee !!!). Quand je suis arrivée en culture de la musique (pour le dernier quart d'heure du cours, faudra me dire en quoi c'est utile), j'ai bien cru que j'avais frôlé l'overdose. Non, vraiment, deux heures d'orchestre junior, c'est BEAUCOUP. Surtout quand c'est du Vivaldi, avec des ptites crocroches partout. Bon, j'ai rien contre Vivaldi en soi, c'est gentil, léger... on pourrait croire que c'est justement le genre de musique qui coule gentiment et qu'on pourrait écouter des heures durant, en bruit de fond. Hum, c'est pas très gentil, ça, en fait... Okay, j'avoue, c'est pas mon compositeur favori.
Mais là...GRRRR... vous ne savez pas ce que j'endure. *voix de martyre, bien sûr. Je suis pas pour rien la fille de Sarah Bernhardt* <= orthographe plus que douteuse
Alors, d'abord, il y a le fait que ces sacregredins de violons ne travaillent pas leur partie. Alors, ils jouent pas en rythme, et qui est-ce qui se coltine de les suivre, après, quand ils sont pas fichus d'entendre mes grosses croches sur les temps ? Voilà, c'est bibi. Et comme les suivre, c'est du sport de haut niveau, l'autre violoncelliste et la contrebassiste n'y arrivenraient pas toutes seules. dons, elles se collent à moi. Donc, si je me plante, elles se plantent, donc les basses se plantent, mais les violons s'en fichent et continuent de jouer comme si de rien n'était. Bon, heureusement, je suis géniale, je me plante pas souvent. (^^) mais il vaut mieux que je reste bien réveillée.
Ensuite, comme ils ne travaillent pas leur partition, ils font n'importe quels coups d'archet. Quand l'un tire, l'autre pousse, ça fait qu'ils jouent encore plus mal, qu'ils se donnent des coups de coude et que le prof s'énerve encore un peu plus. Déjà qu'il commence à se dégarnir, faudrait pas en plus qu'il s'arrache davantage de cheveux... Alors, du coup, il les fait retravailler pendant des heures pour qu'ils remettent leurs coups d'archet d'une façon un peu moins folklorique.
Je ne prétendrais pas que nous autres, honorables basses, nous travaillions beaucoup plus nos parties. Oui, mais, voilà, voilà le grand drame de la vie des basses (surtout à l'époque de Vivaldi) : elles font juste...la basse. Les petites croches répétées pour donner la pulsation, pendant que les pitits violons s'amusent par au-dessus. Alors, nan, on a, dans l'ensemble, pas trop de problèles. J'instaure de façon autoritaire nos coups d'archet (c'est ça ou rien du tout), et au moins, on joue ensemble. Faux, mais ensemble ; et en rythme. C'est beaucoup, déjà !
Donc, voilà. Toutes ces petites croches, ça me fait frire les méninges, moi, et c'est fatigant. Pas pour rien que le prof me dit merci quand je pars ; c'est pas seulement parce que je suis l'une des rares du tas à bosser ma partoche ^^. Bon. J'exagère, j'aime bien l'orchestre...mais s'ils pouvaient faire un pitit, tout pitit effort... Surtout que, comme une cruche, j'ai choisi ce jour-ci pour faire mon ptit don du sang, du coup j'ai mal au bras à force de le baisser, remonter, baisser...au rythme des "tutti" et "seulement les violons, s'il vous plaît".
Bref. Vous n'avez sûrement rien compris, sinon que cet orchestre est méchamment anarchique. enfin, j'ai connu pire, je dois dire ^^ Même si en cette douce et insouciante époque, je ne m'en rendais pas compte, huhu...
Bonne nuiiiiiiiiit...
Désolée d'avoi ressorti cette note qui, en soi, n'est pas fondamentalement intéressante, mais peu de choses sont aussi réjouissantes que le souvenir ému des douloureuses épreuves que l'on a traversées ! ^^ Bon, j'exagère... En fin de compte, il m'a semblé que les violons ont fini par jouer à peu près de concert...même si une violoncelliste m'a par ailleurs dit, après nous avoir vus jouer, qu'elle avait pas trouvé ça terrible... Bah, nous avons fait ce que nous pouvions ! Oui à l'indulgence !
Ah, et je précise quand même que non, en soi, je n'ai rien contre Vivaldi !
09:45 Publié dans La cathédrale engloutie | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
27.03.2006
A toutes les gosses de riche
[30/09/04]
Col Claudine et souliers vernis
Gabardine et bonnet bleu nuit
Toi qui ne connais pas l'envie
Toi qui ne connais que l'ennui
L'ennui d'avoir à faire un choix
Entre la percale et la soie
Cache les sanglots de ta voix
Les riches n'en ont pas le droit
Petite fille qui a toujours
Toujours vécu dans le velours
Pas le droit d'avoir le coeur lourd
Pas le droit au chagrin d'amour
N'as tu pas vu sur ton berceau
Voler les anges tout là-haut
Dors dans ton cocon bien au chaud
Dors maintenant, et plus un mot
Les gosses qui ont de l'argent
N'ont pas à pleurer bêtement
Ils ne peuvent qu'être contents
Qu'ils se taisent comme des grands
Petite fille au coeur brisé
Tes seuls amis sont tes poupées
S'il te prend l'envie de pleurer
Pense à fermer la porte à clé
Les autres sont moins malheureux
Tu voudrais parler avec eux
Tu voudrais entrer dans leurs jeux
T'es pas assez pauvre pour eux
Tu voudrais écorcher les anges
Tu voudrais sauter dans la fange
Petite fille, comme c'est étrange
Depuis quand crois-tu aux mélanges
Ton papa est homme d'affaires
Avec tes quatre petits frères
Ta maman a beaucoup à faire
Ton papa a un revolver
Petite fille trop gâtée
Trop riche pour pouvoir parler
Entends-tu les anges chanter
Au pays des rêves secrets
[Cette rubrique est décidément bien pratique pour réactualiser mon blog même si je n'ai rien à dire.]
Hum. Alors voici, paraît-il, la magistrale démonstration de mes talents de poétesse. Enfin, en tout cas, ce petit texte m'a valu autrefois d'extraordinaires éloges, bien au-delà de tout ce que jimaginais en le postant ; bon, évidemment, j'étais assez fière de moi, c'est quand même un tout petit peu plus étudié que mes habituels "poulet tandoori" (dont je me demande si je vais également le faire migrer ici), mais bon. Je ne trouve pas, en le relisant, que ce soit sensationnel. Mais il paraît que c'est normal. Ce qui est rassurant, c'est que je ne trouve pas non plus que ce soit nullissime. Pas assez,en tout cas, pour le laisser dans les limbes. Je me demande si on finit forcément par être déçu par les textes qu'on a écrit. Les textes littéraires, j'entends, pas les habituelles élucubrations sans intérêt qui font l'ordinaire de mon blog. Amis écrivaillons en herbe, quel est votre sentiment sur la question ? (je sais, j'interroge beaucoup en ce moment).
PS : depuis quelques temps, les pages internet s'affichent en minuscule ; je peux à peine lire ce que je tape. Donc ne vous attardez pas sur les fautes de frappe, je m'applique autant que possible mais j'ai mal aux yeux !
16:36 Publié dans La cathédrale engloutie | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
15.03.2006
Et si tout allait bien ?
[27/09/04]
Je viens de faire un tour chez des amis d'amie, ou si vous préférez, sur les blogs découverts sur le net par ma petite miaounette ; je suppose que vous aussi vous sautillez de blog en blog parfois ? J'ai vu une citation d'Horace mais je ne sais plus sur lequel, qui disait en gros qu'il fallait savoir apprécier les moments où l'on est heureux. Vous vous rendez compte ? Horace et moi, on pense la même chose, à quelques 20 siècles de distance(aïe aïe aïe, petite lettres class', tu devrais connaître par coeur le siècle d'Horace, non ?).
J'ai eu dernièrement à faire une version de Sénèque qui dit d'ailleurs à peu près la même chose, et pour le coup, je sais que c'était il y a 20 siècles ! :D Quand je dis que ce que raconte Sénèque n'est pas très original...vous voyez bien ! Quoi qu'il en soit, je pense toujours la même chose, c'est rassurant.
Sinon, je me suis bien amusée avec le blog de la hippie (^^) mais elle m'a énervée, à toujours "adorer" ou "détester" ce qui passe devant ses grands yeux...saletés d'ados idéalistes ^^. Ce qui m'énerve le plus sur les
blogs (mais je peux parler, je fais pareil...peut-être moins, maintenant ?), c'est cette fâcheuse manie qu'ils ont, ces djeuns, à s'encombrer la tête de mots et de phrase les plus compliquées possibles, comme si être adulte c'était se poser plein de problèmes existentiels, et que le plus incompréhensible était le plus mature.
Eh bien, j'en suis revenue. Ca n'est peut-être qu'une phase, mais savoir être adulte, à mon humble avis, c'est pas ça. C'est pas se plonger avec délectations dans des problèmes morbides ou des délires psychédéliques, ça, c'est rigolo un temps. Allez, allez, braves gens, soyons simplements heureux et voyons la vie simplement. il me semble que c'est la meilleure chose à faire, sinon la vie, quelle galère !
Ah, où se posait-on la question de savoir ce que c'était d'être adulte ? Ton blog, mman ? Apparemment, cette fois encore, je me montre d'une rigueur presque inquiétante dans mes convictions ! ^^
Le blog que je préfère dans ceux qu'a dénichés Maman bloub, c'est celui de la future maman (un petit bout pour bibou, je crois). Pour le coup, les histoires de femme enceinte, c'est chouette et assez émouvant, je dois dire. Ce qui m'énerve-amuse aussi, c'est qu'elle pèse 56 kgs et des poussières, et se juge énorme. C'est vrai qu'elle a un gros ventre mais elle pèse à peu près comme moi, la bougresse ! (enfin, je crois...ça fait une éternité que je me suis pas pesée...tant que je rentre dans mes jeans ^^).
Oui, il était pas mal, ce blog...enfin, surtout jusqu'à l'arrivée de la petite Mélanie.
Haha, les problèmes de poids... ça c'est d'actualité ! Dans l'Avantages de ma mère, c'en était comique : on passe de "musclez-vous pour être mince" (ou un truc comme ça) à la pub pour Dove "faut-il être une allumette pour mettre le feu ?", puis x pages de régime-génial-de-la-mort-qui-tue, entrecoupées de pubs contrex ou pour des crèmes anti-rides lift-fermeté, avant d'arriver enfin aux pages cuisines... Rha, d'habitude, c'est appétissant, mais là, à la longue, les veloutés de concombre et les brochettes de tofu, ça avait un côté un peu... Enfin, je dis pas que je n'aime que les hamburgers et le foie gras, mais quand même... Enfin, ça me fait rire ; j'me trouve très bien, on me trouve très bien, je vois pas pourquoi j'irais me prendre la tête sous prétexte d'arrivée du printemps, qui, en soit, est plutôt une excellente nouvelle, non ?
Pour vous parler un peu de moâ, quand même, vu que c'est quand même le but de la présente rubrique et mo activité favorite (preuve que je suis encore une horrible djeûne et pas une charmante et altruiste mémé), je passe en revue le cours de violoncelle d'hier ; ceux qui me msn-connaissent savent que j'étais pas très bien, après coup. Pourtant, en y allant, j'étais tranquille (...j'étais peinard...lalala ça n'a aucun rapport), et contente de revoir ma prof. Mais je crois que le redémarrage a été un peu douloureux, et pas seulement à cause de mes ampoules aux doigts ; ça m'apprendra à m'octroyer des pauses indues !
J'ai commencé par lui jouer l'allemande de la ..deuxième (?) suite de Bach, et elle m'a demandé : "à ton avis, quel est l'esprit de cette allemande ?" Comme souvent, quand elle me pose cette question, j'ai commencer à me gratter la tête, à regarder la partition avec un air profondément concentré, sans rien y plus lire d'autre que des rangées de taches noires. Pourtant, l'interprétation, d'habitude, c'est mon fort, surtout avec Bach. C'est ce qu'elle me dit, en tout cas, ma prof chérie-flatteuse d'ego : que je suis très musicienne, et que ça fait passer les petits problèmes techniques. Moi ça me va, je lui parlerai un de ces jours de l'hémisphère droit de mon cerveau ^^. Bref, elle m'a expliqué que les allemandes des suites de Bach se suivaient (ahi ! même pas fait exprès !) et ne se ressemblaient pas. Que certaines étaient très "allemandes", c'est-à-dire un peu lourdaudes et guillerettes, style celle de la troisième. Un peu genre ptite danse de paysans au fin fond de la Bavière, si vous préférez. Et d'autres, au contraire, dixit toujours ma prof, sont presque des sarabandes, c'est-à-dire très posées, un peu graves... et bon, manque de pot pour moi, celle-ci l'était, et donc je la jouais à la fois trop lourde et trop piquée (est-ce du chinois, ce que je raconte ?) Il va donc falloir que je me calme un peu, que j'aille puiser dans mes austères racines espagnoles (il paraît que mon nom est de cette origine, d'ailleurs), et que je dois jouer avec plus de légèreté et de solennité à la fois cette allemande, puisqu'elle se trouve être en ré mineur, c'est-à-dire pas vraiment du genre tralala pouet pouet sortez les tonneaux de bière.
Ma prof, qui aime les images et moi aussi, ce qui tombe bien, m'a expliqué qu'il fallait que je m'imagine que je jouais de la viole de gambe à la lueur d'une bougie, et pas du violoncelle sous les néons flashis d'un conservatoire. J'a-dore ma prof.
Morceau suivant : la sicilienne de fauré. Connaissez-vous ? C'est un standard, un tube du violoncelle-ou du violon, qui est d'une douceur exquise ; on dirait une promenade en gondole à Venise, j'imagine, avec ce si joli rythme de sicilienne, qui est sans nul doute mon préféré, et qui, pour ceux qui ont fait du solfège, est le fameux "croche pointée-double croche-croche". Avant les vacances, ma prof m'avait dit de travailler la vitesse d'archet, justement pour donner ce côté balade, ou je ne sais pas trop comment expliquer...une espèce de berceuse au rythme des vagues... bref, je devais rendre ça en variant la vitesse d'archet : on va très vite au début, puis on ralentit pour jouer...la sicilienne. Enfin, je ne crois pas que j'aie réussi à faire cette vitesse d'archet, mais le résultat c'est que je la jouais beaucoup trop vite, cette sicilienne, ce qui est un comble chez moi, qui suis justement du genre à me laisser bercer au risque d'endormir l'auditoire. D'ailleurs, c'est peut-être par cette crainte que je suis tombée dans l'excès inverse. Ma prof m'a gentiment demandé si je l'avais travaillé avec métronome, ce qui n'est JAMAIS bon signe hinhin. Les yeux au ciel, je réponds "peut-être un peu au début". Elle sourit, me montre le tempo indiqué : noire pointée = 50. "Toi, tu doisel jouer à...oh, 72, quelque chose comme ça". Ooops ^^. sur ce, elle me montre ce qui est marqué à côté du tempo, "andantino", que j'avais à peine dû lire en passant. Nouvelle question à dix mille euros : "Ca veut dire quoi, andantino ? -Ahem, répliqué-je...ben euh...un peu plus qu'andante ? - oui, mais un peu plus quoi ? rapide ou lent ? -euh...(damned, une chance sur deux)...rapide ? -Non, non ! lent, c'est encore un peu plus lent qu'andante !" Allons bon. Donc, je le jouais trop vite, j'imagine. Ma prof continue le jeu des questions fort intéressantes et pas bêtes : "Et ça veut dire quoi, andante ?" Là, je suis bien embêtée, contrairement à ma soeur je ne parle pas italien, et je l'ai su mais je ne sais plus. alors, plutôt que de lui sortir mes gondoles à Venise, je me mets à balancer doucement la tête de gauche et de droite, en disant en riant : "ben, euh...c'est comme ça"...Elle rit à son tour -on rit pas mal, ma prof et moi, même si on dirait pas, surtout quand je lui fais remarquer l'extrême pertinence de ses questions- et me (ré)apprend qu'andante signifie "en marchant". Réplique finale, tout en me jouant le morceau à la vitesse où je l'ai jouée : "ouhlala, je vais rater mon buuus". J'a-dore ma prof.
Le dernier morceau est ce que, sans faire exprès, j'ai appelé "le truc de Prokofieff" lorsqu'elle m'a demandé ce que j'avais travaillé pendant les vacances. Peut-être que vous ne connaissez que Pierre et le loup, et dans ce cas peut-être aimez-vous bien ce gentil et brave prokofieff, mais alors moi, je suis désolée, je ne le comprends pas. Autant Bach, pas de problème, j'ai généralement pas besoin de réfléchir pour l'interpréter, autant Prokofieff, c'est pour moi du Chinois. Ou du Russe, si vous voulez. Ma prof m'avait déjà fait jouer la sonate, et je crois qu'on avait carrément laissé tomber en cours de route, pour cause de morceau d'examen ^^. Mais là, je ne couperai pas au concertino. Je le lui joue-enfin, la première page, la seule que j'aie pu digérer en trois mois-, et elle me demande : "qu'as-tu compris de ce concertino ? -Oooh, j'ai tout compris !", fais-je avec un grand sourire. Re-rire. Et en même temps, assez bizarrement, j'ai ressenti à cet instant un profond découragement, du style : "mon pauvre Prokofieff, je ne comprendrai décidément jamais ce qui se passe dans ta tête, et je ne saurai jamais te jouer..." Comme toujours dans ces cas-là, ma prof me joue le morceau en m'expliquant au fur et à mesure ce qui se passe, ce que je n'ai pas bien fait, etc. C'est à ce moment-là que, vraiment bizarrement, j'ai eu une infinie envie de pleurer. Je me retenais avec une très grande difficulté, mes yeux se mouillant tandis que ma prof jouait, et m'expliquait gentiment que, oui, décidément, dans la première partie de la page, le pauvre Proko avait l'air de dire que la vie était horrible. Prokofieff, c'est assez terrible pour vous faire craquer quand vous jouez. J'écoutais les vieux délires sinistres en me demandant "mais qu'est-ce qui a pris à ce cinglé d'être compositeur ?", j'écoutais incrédule la beauté des notes que ma prof faisait sortir de l'instrument, en me disant que je n'y comprenais décidément rien. Au bout de quelques lignes, tout change ; ma prof dit que c'est comme un moment impressionniste, un tableau pastel... une impression que, finalement, la vie peut être jolie, douce, joyeuse... tout se détend, les notes ne sont plus des cris rauques mais forment une mélodie sereine... rien de pire quand on est juste en face, les nerfs à vif, en essayant de ne pas craquer, que cette soudaine dé-tension... on a envie alors de se laisser aller, mais c'est alors que les larmes qu'on retient à grand-peine se mettent à couler. J'ai été obligée de m'essuyer le coin de l'eil droit à plusieurs reprise, c'était très éprouvant. Je peux donc dire que la musique de Prokofieff me fait pleurer, mais on pourrait mal comprendre...on pourrait croire que je la trouve belle, mais ce n'est pas le cas. En tout cas, maintenant, j'ai compris : quand le bon vieux Proko a composé cela, il était infiniment triste, voire "complètement dég" et en voulait à la terre entière. Après la minute impressioniste, il s'énerve à nouveau, il faut jeter des accords en pizz...c'est EXACTEMENT ça. Genre j'en ai ras le bol, fichez-moi la paix, le voilà votre p*** de morceau, et JBLING ! JBLING ! JBLING !
J'adore ma prof de violoncelle, mais bon sang, la reprise, c'est bigrement éprouvant !
Haha, rien que de relire ces souvenirs de cours, j'ai le sourire qui s'élargit. C'est vraiment une prof que j'aime énormément. Hier, je répétais avec violon, et elle a sorti à la violoniste la même blague que je lui avais sortie une semaine plus tôt...ça craint un peu ! ^^ Quoi qu'il en soit, c'est vrai que je m'entends bien avec elle. Bien sûr, on sort pas les cotillons et on danse pas la rumba, c'est un vrai cours, mais c'est toujours motivant et intéressant. Il faut dire que je la connais depuis....fiou ! J'avais onze ans, ma bonne dame ! C'est elle qui m'a réellement mis le pied aux étriers, m'enseignant cette leçon douloureuse mais nécessaire : pour progresser, il faut travailler. Non, sans rire, j'étais pas au courant... C'est ça d'avoir trop de facilités en général, mais pas en musique !
Je pourrais parler des morceaux que je joue en ce moment, mais il me semble que cette note est déjà d'une longueur indue, et je ne voudrais pas décourager mes aimables lecteurs déjà parvenus jusqu'ici !
Enfin, quoi qu'il en soit, je ne suis pas très à mon avantage, dans ce cours, on dirait. J'ai joué, depuis, le Bach et le Fauré à une "carte blanche", et j'ai trouvé que j'avais été assez moyenne, mais en voyant la cassette ça n'était pas si mal (si on ne prête bien sûr pas attention à mes grimaces intempestives !). Quant à Prokoviev... C'est amusant, parce que j'ai reparlé de ça avec quelqu'un pas plus tard que la semaine dernière... J'aime bien la musique russe, mais ça me correspond pas du tout, c'est trop dur, trop extrême, trop dépressif peut-être. Ca paraît bizarre de la part de quelqu'un qui se délecte de tragédies grecques à longueur de journée et en ressort avec un sourire grand comme ça de dire qu'une musique est trop triste, mais les Russes, je vous assure que c'est pas du tout la même chose. D'une certaine manière, je dirais que la tragédie grecque vous laisse serein, touché, songeur, mais serein, alors que les Russes me mettraient presque mal à l'aise. Je ne déteste pas, j'aime bien même, mais c'est un état d'esprit que je comprends mal.
Le fait que j'aie vécu en Normandie, aux dires de l'autre, pourrait dans une certaine mesure expliquer cela : il ne pleut pas tout le temps là-bas, mais le climat est très variable. Alors, ça expliquerait que je sois du genre à prendre les choses avec une certaine légèreté - ou avec philosophie si je veux me jeter quelques fleurs au passage. Il fait jamais trop chaud ni trop froid, et je suis pas non plus du genre à partir dans les extrêmes ; je suis pas une bout-en-train tralalayoupipouëtpouët, c'est sûr, même si je pars parfois dans des délires qui peuvent sembler déroutants. Et il m'arrive de piquer des grosses gueulantes, mais c'est assez rare pour que, quand ça arriv, les gens me regardent avec des yeux ronds comme des boules de bowling. Comme disait ma prof quand je jouais -assez mal- une suite de Manuel de Falla, moi, c'est plutôt "Normandie, vertes prairies" que sierra espagnole. Peut-être qu'on doit trouver ça fade, au bout d'un moment ; mais on ne se refait pas...
Bref. Promis, je m'arrête là, cette note est un monstre. "Et si tout allait bien ?" Oh bah voui, ma bonne dame, tout va on ne peut mieux, merci ! Et chez vous ? Ca baigne ?
09:50 Publié dans La cathédrale engloutie | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
09.03.2006
Sportivement vôtre
[30.05.04]
Incroyable, n'est-ce pas ! Non non, je ne parle pas du fait que, comme promis, j'actualise mon blog avant le "joli mois de juin" (voilà que je me lance dans l'intertextualité intrabloguesque), non non...voyons...enfin quoi ? Vous ne tiltez pas ? Ce titre ! Quel bel oxymore...le sport et moi, moi et le sport... quelle belle histoire d'amûr ! Hum, trêve de plaisanteries. C'est bien simple, je ne fais du sport que quand :
1. il fait beau
2. je suis motivée
3. j'ai vraiment rien de mieux à faire ou j'agis sous la contrainte
Autant dire jamais, sinon en vacances. Mais la randonnée en montagne, ce n'est pas vraiment du "sport" puisqu'on y prend du plaisir ^^. Bon bon, j'arrête ou des sportifs dans l'âme vont me sauter dessus en hurlant harro sur le baudet...et bon, j'ai pas envie de me retrouver avec un quinze de rugbymen sur le dos (quoique...juste un beau rugbyman qui...hum, bref). Et pourtant, sisi, je suis en cette belle soirée sportivement vôtre. Enfin, un peu quoi, faut pas non plus "pousser mémé dans les orties", comme dirait l'autre. Pauvre mémé quand même...et puis j'ai arraché les orties des plates-bandes, yen a plus. Comment ça, hors-sujet ? Je vous assure que c'est du sport !
Bon bon, d'accord, je n'insiste pas, vous ne saurez rien sur la passionnante vie des racines d'orties. [saleté ! saleté ! Et vlan ! un coup de pioche !]
Revenons à des choses sérieuses. Et tâchons de donner à l'événement toute la grandeur qu'il mérite. Cette semaine, en raison de la manifestation des gaziers et électriciens qui bloqua la rive gauche (aaah quel spectacle amusant que ces parisiens dans les bouchons sous le soleil de mai...), le vélo était encore la meilleure solution (je n'aime pas le métro. Je sais, je suis vraiment une petite bourge, mais c'est comme ça. Le RER quand il fait chaud, ça pue. Et pis...j'ai pas chargé mon pass navigo. Sans commentaire). Et donc, tadam, j'ai sorti mon vélo et zouip zouip à coups de pédale je suis allée jusqu'à cette bonne vieille Sorbonne. Hum...j'ai l'impression que ça n'est pas aussi impressionnant que les pectoraux d'acier d'un Brad en jupettes ; et pourtant... c'est un événement qui mériterait bien, lui aussi, la plus grande salle du montparnasse...ahlala mes transitions géniales m'épateront toujours (faut bien qu'elles épatent quelqu'un)...C'est d'ailleurs à vélo qu'on comprend le mieux pourquoi MONTparnasse s'appelle comme ça...et on se souvient de l'existence de cette brave Geneviève. La montagne, évidemment, la sainte on ne s'en souvient pas beaucoup plus qu'à pied ou en voiture, je crois.
Voilà. Ce fut beau, épique, et je le refis le lendemain tellement que j'étais folle/motivée/ce que vous voulez. Précisons que le vélo dans Paris est une épreuve à la fois physique et morale, et qu'elle exige une assez grande force de caractère. Après Daniel dans la fosse aux lions, le cycliste dans la fosse aux automobilistes parisiens.
Sinon, comme sport, je suppose qu'on peut difficilement prendre en compte les séances rituelles de glandouillage devant matchs de foot et de tennis...Aaaah, sacré Roland-Garros. Ne vous inquiétez pas, je ne pousse pas la perfidie jusqu'à suivre le tour de France. Tout de même, restons sérieux. Bon...alors euh...pour avoir l'air d'être une grande sportive je peux enfin terminer en mentionner la chamrante séance de déménagement d'hier, qui elle aussi fut une épreuve mentale puisqu'il fallait supporter l'humeur de mon père... le bon côté étant qu'elle s'améliore brutalement dès que la camionnette est chargée. Et j'ai découvert que j'étais extrêmement douée pour ranger de façon extrêmement subtile, rationnelle et sublime (ça devrait aller comme ça) les cartons entre les meubles. Je concluerai donc cette note par un glorieux : vive moi.
Bon, voilà une note qui n'avait rien de philosophique, rien de palpitant, qui ne racontait même pas grand-chose d'intéressant, puisqu'on y apprenait seulement que, donc, en ce 30 mai 2004, j'étais allée en cours à vélo.
Pourtant, j'ai extirpé cette note parce que j'en suis très fière ; sisi, je vous assure. Je me reconnais parfaitement là-dedans, et je pense que je pourrais réécrire la même chose, au mot près, aujourd'hui (même s'il fait trop mauvais pour que je sorte à vélo !) : voilà le ton de notes que j'aime, j'aime broder sur rien, j'aime choisir délibérément des sujets inintéressants et les gonfler comme des ballons de baudruche, avec un égocentrisme totalement assumé.
Je me souviens d'ailleurs que cette note m'avait valu les éloges de celui qui n'était encore qu'"Orphée", et qui s'avère être mon cher fiston ; qu'il fut doux de s'entendre dire qu'on est très spirituelle !
J'aime toujours autant me balader en vélo à Paris ; c'est assez complexe, et ça demande pas mal d'autorité, mais je crois que justement, j'aime bien faire MA parisienne, et m'imposer aux voitures, le dos bien droit [j'ai un mal de dos insupportable aujourd'hui, et je dois transporter le violoncelle au conservatoire...au secours !]. Je voyage toujours en tickets de métro, pour me forcer autant que possible à utiliser mes petites papattes pour les petits trajets. Et même si, pleine de bonnes résolutions, je me suis inscrite pour faire du "sport en Sorbonne"...c'est resté lettre morte. Peut-être serai-je moins incorrigible l'année prochaine ?
Ressortir des notes datant d'une fin mai me rappelle enfin combien, ô combien je suis impatiente de voir revenir les beaux jours ; j'adore le printemps, quoi de plus otpimiste qu'une saison dont on se dit qu'elle ne peut que tendre vers le mieux ? Bon, j'adore aussi l'automne, en fait, mais c'est vrai que ce fut drôlement réjouissant, l'autre jour, en traversant le square Pablo Casals [Non, je ne fabule pas, c'est son nom !] de croiser trois bourgeons de rosiers vert tendre.
Le trente mai prochain, j'espère qu'il fera beau ; je serai probablement très, très stressée, pour cause de pseudo-concert, alors un peu de soleil ne pourra que faire du bien !
13:30 Publié dans La cathédrale engloutie | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
08.03.2006
Retour en arrière ?
[13/05/04]
Oh, instant crucial ; choix du titre de la note de la journée. Comment synthétiser en une formule -spirituelle, si possible-, toutes les émotions, toutes les questions de la journée -et éventuellement leurs
réponses ? Si difficile qu'il m'arrive de ne tout simplement de renoncer à ladite note ; ça s'appelle l'angoisse de la page blanche ? Peut-être bien, oui. Pourrai-je revenir si bien sur les événements de la journée que je n'en oublierai-je aucun ? Et surtout, en bonne dissertante, parviendrai-je à produire une réflexion continuellement,
perpétuellement centrée, motivée, dirigée par son guide, son mentor, son gourou...gourou est un peu fort, je l'accorde. Bref. Je parle bien sur du titre. Une belle note doit, pour recevoir ce titre et, accessoirement, rapporter des bonbons (non, c'était une blague ^^ ), se dérouler, sinueuse, souple et, oserais-je dire, sensuelle, à partir de son titre ; et de là... de là s'échapper...faire mine de s'échapper pour ne revenir que plus belle, grandiose, vers ce titre. Faire un imprévisible et pourtant si évident retour en arrière. Brillant, non ?
Ouf, ça y est, voilà au moins une explication du titre de la présente note. C'est déjà ça. Vous pourrez dormir tranquille, sans vous demander pourquoi -pour quoi ?- j'avais intitulé la chose de telle ou telle manière. Ceci vaut pour ceux qui liraient mon blog le soir, mais il me semble que ma bien-aimée lectrice voulait justement que je lui le serve en petit-déjeune. Mais je ne voudrais pas que ce ...retour (vous saisissez, les méandres ?) la turlupine toute la journée. Passée la première occurence (la deuxième, en fait, si l'on y réfléchit), me voilà bien soulagée. Je peux en venir au coeur de mon sujet.
[je m'excuse d'avance pour mon style particulièrement pesant et gonflé en ce début de note. C'est que je lis Péguy, en ce moment...et j'ai une fâcheuse tendance à imiter plus ou moins malgré moi le/les auteurs qui je lis... Péguy est un assez pénible...et pourtant séduisant rabâcheur].
Oubliez ces crochets, finalement ; les crochets, pas ce qu'il y a à l'intérieur : je vais finalement m'en servir pour passer au vif de mon sujet. Entendez, la réflexion qui m'a le plus occupée l'esprit, en général, tout au long de cette journée.
Clio, donc, de ce bon vieux Charles Péguy. Je ne le lis pas par plaisir (eh oh, c'est un essai, je vous signale...qui lirait ça pour le plaisir ?), non. C'est pour mon cours de littérature comparée, axé autour du thème ; "les âges de la vie". Pour information nous avons également au programme Athalie, de Racine (beuârk), et les Enfantines de V. Larbaud (pas trop mal). J'ai pour mardi une dissertation à faire à la maison. Vous voulez le sujet ? Enjoy :
" Un des narrateurs d'Enfantines, peu sensible à la poésie de La Fontaine, note que le fabuliste n'a écrit "qu'après avoir passé la quarantaine" et ajoute : "sans doute, plus tard, quand nous serions des hommes, quand nous aurions vécu, nous découvririons à notre tour ce miel précieux et nous saurions le savourer." Dans quelle mesure les oeuvres au programme confirment-elles selon vous ce bénéfice de l'âge ?"
Faut-il nous faire nous poser ce genre de questions à notre âge ? Ou peut-être surtout que ce n'est pas le bon moment pour me demander des choses pareilles. Enfance, âge adulte, vieillesse. Perd-on ou gagne-t-on en vieillissant ? Sagesse ? Décrépitude ? Pour Péguy, décrépitude sans aucun doute. Il explique (et réexplique, parce que, bon dieu, qu'est-ce qu'il ressasse, le vieux Charles !) que tout ce qui est dans le temps s'effrite, s'épuise, bref se perd au fil du temps. Ma foi... il est convaincant, l'ami Charles.
Oh, ne vous inquiétez pas, je ne vais pas ici vous faire une ébauche de plan de ma dissertation ; merci bien , vous avez déjà eu le courage de me lire jusqu'ici, je vous épargnerai donc avant que vous ne fuyiez. Juste une petite chose (toujours ce satané titre) : pour la troisième partie... de l'enfance à la vieillesse... mais perd-on, ou gagne-t-on réellement quelque chose ? Autre possibilité d'étude (oui, la troisième partie, c'est toujours délicat) : l'individu qui cherche à "retrouver" son enfance. Larbaud écrivant les Enfantines. Je ne sais pas si j'irais bien loin avec ça. Passons.
La question que je me pose, avec leurs réflexions preneuses de tête, c'est : qu'est-ce qui se passe quand on vieillit ? Est-ce que vraiment, on ne fait jamais que perdre, perdre, jusqu'au jour où, pauvre petites loques qui auront tout perdu, il ne nous restera plus qu'à mourir ? Pas bien gai, tout ça. Une fois sorti de l'enfance, a-t-on fait une irrémédiable perte ? Le retour en arrière est-il possible ? Larbaud écrit si bien qu'on la revoit, l'espace d'un instant, entre ses admirables lignes. Oui, mais on ne peut qu'en apercevoir, spectateur borgne et impuissant, quelques bribes mélancolifères (porteuses de mélancolie, mais j'aime tant les néologismes...)
...
Crise de la vingtaine. Je suis retournée, à l'occasion d'une discussion avec Orphée, sur mon bon vieux blog N°1. J'ai relu avec émotion, je dois le dire, ces petits morceaux de pensées d'un jour, comment mon amour naquit ("mais pourquoi je n'arrive pas à lui parler ?"), comment il fleurit, comment je me perds dans des océans de bonheur... Plus largement, je me vois évoluer, en l'espace de quelques mois, tant que c'en est effrayant. J'aurais difficilement pu imaginer être dès aujourd'hui ce que, misère ! je suis aujourd'hui. Ce que je crois surtout avoir perdu, c'est une certaine innocence, et une certaine joie de vivre. Une certaine pureté, aussi, peut-être bien. J'ai perdu ma jeunesse, mon Dieu... je suis de l'autre côté ? Maintenant, je ne grandis plus ? Je vieillis ?
Je suis si gaie sur ce bon vieux blog ; si spirituelle, si fraîche. Le petit bébé qui naît à la vie. Pauvre petit : s'il savait, à la minute même où il naît, au moment où il pousse son premier cri, que déjà il est condamné à mort ? Qu'il vivra sans doute d'abord quelques belles années...mais que, comble de l'ironie tragique de nos destins, il ne s'en souviendra que tout juste assez pour les regretter.
Pourquoi ai-je tant changé ? Oh la réponse est trop claire... Mais elle est plus multiple que cela. Tout d'abord, je suis arrivée à l'université. J'aidonc quitté la "classe", le petit groupe de personnes connues, vues et revues, ce microcosme paisible, confortable...je ne suis pas en train de dire que mes années de lycée ou de prépa étaient formidables, mais au moins je retrouvais chaque jour des visages connus, rassurants. La double licence me fait aujourd'hui courir d'un ufr à l''autre, et j'ai tout juste assez de "connaissances" - pas vraiment des amis- pour pouvoir rattraper les cours au cas où. Je joue dans la cour des grands ; mais la cour est un peu trop grande et intimidante pour moi. Mes amis je les ai rencontrés sur le net ; c'est cette année aussi que je me suis engluée dans la toile. Je suppose que cela m'a changée aussi. Pas forcément en bien, c'est une drogue, quoi qu'on en dise. Une drogue douce, si vous voulez, mais enfin une drogue, qui finit par faire mal...oh non petite Magali je ne vais pas recommencer à me désespérer, à blablater sans fin sur ces frustrations qui n'ont pas besoin que je les décrive pour que tu les sentes, toi aussi, comme moi, te contracter le ventre.
Enfin, ce qui a changé, c'est que pour la première fois cette année je suis tombée amoureuse, j'ai aimé, et j'ai fait l'amour. Et puis, ensuite, j'ai connu mon premier chagrin d'amour. Je ne saurais pas décrire ni mes sentiments actuels (et puis vous devez en avoir assez), ni ceux que j'ai pus avoir avant ; je veux dire l'idée que je me faisais de tout cela (je ne parle pas uniquement de l'acte sexuel, évidemment). Mais tu en parles bien, très bien. En lisant certains de tes textes je me retrouve, et j'en suis proprement ébahie. Emue, aussi. Je ne dis pas que ces images que j'avais, que tu as, sont fausses ; et puis d'ailleurs je saurais difficilement parler en grande fille qui "sait". Non, c'est bel et bien comme ça. Et en même temps, ce ne l'est pas. C'est le Christ d'Emmaüs ; c'est lui, c'est évident, et pourtant on ne l'aurait pas reconnu... c'est l'après-migtraine : on retrouve la santé qu'on avait avant, on n'est pas plus en forme, on l'est même plutôt moins...pourtant on se sent bien différent. Il faudra un jour que je fasse plus précisément l'analyse de tout cela. Mais il se fait un peu tard, là. Et revenir ainsi sur tout ce qui s'est passé cette année, à ce qu'on pensait qu'il se passerait surtout, et qui finalement n'a pas été et ne sera jamais, toutes ces pertes irrémédiables... revenir sur tout cela n'est pas sans souffrance.
La crise d'adolescence n'est qu'une plaisanterie. La crise de la vingtaine, on n'en parle pas, parce qu'elle ne fait pas de bruit ; c'est une foule de questions, de regrets -et pourtant nous avons encore si peu vécu ! Qu'est-ce que ce sera à 40 ans ?- c'est le moment où l'on devient véritablement mortel. Je veux dire par là qu'on prend, je crois, le sentiment de sa finitude, dans tous les domaines : on mourra, oui, bien sûr, mais ça nous le savonsdéjà...je crois plutôt que j'entrevois, effarée, tout ce que je perds en vivant. Je n'ai jamais su faire de choix, parce que j'avais déjà, depuis longtemps, la perception de cela : que faire un choix c'est renoncer à quelque chose (c'est trivial, je sais)...Mais voilà, la vie n'est que choix, qu'on le veuille ou pas. Si on ne choisit pas, elle choisira pour nous, la vilaine. Adieu donc tout ce que je n'ai pas fait, tout ce que je ne pourrai plus faire. Et si ? Et si ? ... chut, tais-toi, petite... à quoi bon regretter, revenir en arrière ? Puisque, de toute façon, tu ne peux pas revenir en arrière...
Voilà... je suis temporelle et malheureuse de l'être. Alors ? Alors, parce que je ne veux pas l'être, je choisis une autre perspective (mais elle est plus difficile à imposer) : si, le retour en arrière est possible. Je ne prétends pas avoir inventé la machine à remonter le temps. Mais du moins...du moins... retrouver ce qu'on croyait avoir perdu...mon âme d'enfant m'appartient toujours. Parce que j'ai quelques années de plus (j'allais dire "rides" mais ^^ ) ne puis-je plus être gamine ? Ne suis-je pas toujours la même ? Si c'est bien moi, alors je dis merde à ma vieillesse présente et future, et inéluctable. Je lui dis que peut-être, je ne pensais pas être ce que je suis aujourd'hui, qu'elle m'a bien eu, la coquine, la fourbe même...mais que c'est moi qui l'ai fait, qui l'ai CHOISI. Et que si je veux...si je veux, je peux me retourner en arrière, sur quelques épisodes de mon "enfance" (je veux dire de tout mon passé, y compris le plus récent)...et les regarder non avec mélancolie, mais une grande sympathie...et pas comme des objets perdus, mais comme des objets retrouvés...retrouvables... je peux si je le veux redevenir ce que j'étais. Je redécouvre peu à peu la vie réelle que j'avais un peu perdue à force d'ordinateur. Je ne retourne pas en arrière ; non : je repars.
[longue et fastidieuse note... pardon petite Magali...tout est très confus dans ma tête, c'est difficile de mettre ça au net...]
J'aurais voulu récupérer comme première note d'archive quelque chose de plus joyeux, mais tant pis ! Ayez de moi l'image d'une horrible pessimiste désabusée, angoissée à chaque minute par la vieillesse et la mort !
Pourtant, moi qui me connais un peu, je sais que je n'étais pas du tout désespérée en écrivant cette note. Bon, évidemment, on sent que la rupture amoureuse n'était pas loin ^^, mais non, vraiment, ce n'est pas une note pessimiste ; elle se termine positivement, d'ailleurs, si on regarde bien. Bon, d'accord, le temps d'un paragraphe, et le reste est un peu morose, mais peut-être que l'optimisme n'a pas besoin de longues phrases (c'est bien ma veine). Bien sûr qu'on perd des possibles en vieillissant, mais un tiens vaut sans doute mieux que deux tu l'auras, si j'ose dire, et, finalement, quand je regarde cette note, je me dis que, oui, je suis bien repartie, et que je compte continuer dans ce bel élan -la vie ?
En fin de compte, cette note est très certainement bizarre, mais pas inintéressante -de mon point de vue en tout cas. Surtout pour inaugurer une rubrique d'archives !
10:30 Publié dans La cathédrale engloutie | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note






