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20.09.2006
Hors Saison
Quand il y a un temps pareil, je me dis qu'il doit y avoir là-haut un type qui s'occupe de faire la pluie et le beau temps ; tous les jours, rebelote, il sort le pot de peinture, et il badigeonne le ciel, un grand coup de bleu par ci, deux trois nuages flippants par là, et, le soir, on écoule ce stupide pot de rouge décidément trop flashy pour une chambre à coucher. De temps en temps, ce type en a assez, et il se met en grève ; ou alors c'est un décorateur intermittent du spectacle, alors il proteste contre ses excécrables conditions de travail : on a beau dire, peiturlureur de ciel c'est un boulot précaire, on sait jamais quand il nous tombera sur la tête. Bref. Ces jours-là, le ciel est blanc. on peut même pas dire qu'il fasse franchement moche, simplement moite, chaud, et pas beau ; à se demander comment, avec un foutage de gueule pareil, le type se fait pas virer (mais sans doute qu'ils le remplacent, qu'il l'envoient en enfer et tout ?). En tout cas, moi, l'usagère moyenne, j'allais pas me laisser faire comme ça et céder aux altermoiements d'un artiste tourmenté, non mais zut alors, j'ai aussi droit à un peu de couleur dans mon ciel ! Je veux dire, on se tape régulièrement des trombes d'eau à chaque grand nettoyage de la toile, alors bon, ils pourraient se fouler un peu pour la déco.
Donc, brandissant un cierge vers le ciel, j'ai prié très fort sainte Fleur -bah oui, je ne sais pas qui est le saint patron des décorateurs, alors j'ai pris ma soi-disante patronne, qui doit en vérité avoir déjà suffisemment de travail avec les Rose, Capucine, Marguerite, Jacinthe, Lily, Violette, sans s'attarder longtemps sur les dérivés dans mon genre. N'empêche que, mine de rien, ma prière a dû être entendue, parce que peu après, en relevant le nez, j'ai constaté un net progrès : azur moucheté de petits nuages blancs, voilà du travail comme je les aime. Bon, c'était peut-être un peu surfait, le ciel à la Magritte, beau comme une tapisserie, mais enfin je pouvais difficilement me plaindre de ce (argh ! déjà !) dernier jour d'été.
Demain, nous serons en Automne, nous aurons officiellement le droit de nous gaver de pommes, poires, scoubidoubidouwouah, noix diverses et variées, huîtres (enfin ça maintenant faut peut-être se méfier)... J'aime l'automne ; quoi qu'ai pu laisser penser le début de cette note, je n'ai rien contre le mauvais temps, pourvu qu'il soit franchement mauvais. Après tout, mon C&T et moi nous bisoutâmes pour la prime foâs sous un ciel des plus maussades, et ça n'a pas été de mauvais augure : bisou pluvieux, bisou heureux, dit le proverbe (mais si mais si). Seulement, avec cette nouvelle saison qui démarre, je me rends compte que je suis vaguement, mais alors très vaguement décalée par rapport au reste du monde ; hum, enfin, disons plus simplement par rapport à la plupart de mes connaissances. Je ne parle pas de mes frères et soeurs qui, rivés 24h sur 24 et 365 jours par an devant leur écran, e doivent guère se soucier de la ronde des saisons. Mais, plutôt, de la catégorie vaguement plus représentée des gens qui sortent parfois de chez eux, généralement pour aller travailler.
Ladite catégorie est généralement aussi celle qui profite en juillet août de vacances délicieuses, à la mer, à la montagne, à la campagne, quoi qu'il en soit une catégorie que, non, je ne plaindrai pas, car j'ai pour ma part passé deux mois à bosser, pour la première fois de ma vie ; accouchement douloureux et difficile pour aboutir à une petite crevette de 1,4 centimètres d'épaisseur, mon "mémoire" de mâââster 1 (padawan pour les intimes). Moi qui suis incapable de travailler par moi-même, et encore moins sur le long terme, vous parlez d'un exploit ! Depuis 8 jours exactement, le bébé repose à la maternité, où il attend de savoir si, oui ou non, il est viable. Euh, je veux dire, je l'ai rendu le douze, et j'attends la soutenance ; il me reste également huit jours -voyez comme les choses sont organisées- pour répondre aux questions suivantes :
- comment ai-je procédé ?
- quelles difficultés ai-je rencontré ?
- quel plaisir ai-je pris dans cette activité ?
- question susidiaire : pourquoi ai-je mis tant de temps ?
Voilà un entraînement digne d'un quizz de Vincenttheone. Alors voyons...
=> Comment j'ai procédé ? Ben j'ai lu, lu, lu, lu, relu, j'ai regardé ma montre, j'ai paniqué, j'ai fait un plan en quatrième vitesse, j'ai attendu que les émeutes se tassent, j'ai soufflé un peu, j'ai re-regardé ma montre, j'ai relu encore une petite fois, j'ai tapé, j'ai retapé, j'ai perdu des bouts de mémoire en route, j'ai re-retapé, j'ai hurlé à la mort, j'ai tapé encore un peu, et voilà. Mais je pense qu'il va falloir présenter les choses un peu différemment, non ?
=> Mes difficultés ? Par quoi je commence ? Par mon angoisse croissante face au "monstr" Homère ? Par les poètes tellement connus qu'il faut les lire en bibliothèque ? Par le fait que les bibliothèques, je suis justement allergiques ? Ou, plus drôle, par le récit épique de mes mésaventures informatiques, mon jonglage permanent entre 5 ordinateurs, avec pertes de notes au passage, et plus si affinités ? A moins que je ne rédige un long hymne à la force d'âme dont il m'a fallu faire preuve pour lutter contre ma légendaire flemme ?
=> Plaisir... mais si, c'est vrai, j'y ai pris du plaisir, en plus ; non, je me carresse pas avec mes exemplaires des épopées homériques, mais c'est vrai qu'avoir un axe de lecture, ça permet de discerner l'extraordinaire richesse de cette littérature ; bien sûr, au bout de la troisième annotation des bouquins on finit par plus en voir le bout, mais franchement, si un jour vous faites un mémoire, ne vous laissez pas embobiner par tel prof qui voudrait un cobaye pour s'occuper de tel machin bidule rabougri que sa femme de ménage à retrouvé tout en bas de sa bibliothèque, et frottez-vous à des auteurs qui vous plaisent. D'ailleurs, l'année prochaine (si année prochaine il y a), je compte bien retrouver l'amour de ma vie, Sophocle, et ses joyeux comparses. Là, je crois que je vais vite en besogne, mais passons.
=> Pourquoi ai-je mis tant de temps ?
1) parce qu'étudier Homère, c'est sans fin
2) parce que pour se frotter à la bibliographie le concernant, il faut du courage que je n'ai pas.
3) parce que le CPE (un mois sans voir sa directrice, forcément...)
4) parce que mon sublimissime (ahum) concert, parce que les répétitions dans tous les sens et les déplacements.
5) parce que la déprime après certains commentaires sur ledit concert (passons ! ^^)
6) parce que l'amûr
7) parce que l'informatique et moi (rien à voir avec le point n°6)
Il y a donc au moins une des questions que j'ai creusées ; je pourrais également ajouter que je suis toujours, toujours en retard dans tout ce que je fais, hélas ; oh, ça ne m'amuse pas de faire ma maligne, je pense que ce serait nettement moins stressant d'arriver à faire les choses bien à temps ; mais c'est plus fort que moi, je peux pas m'en empêcher : il faut toujours que je fasse le 20 septembre une réinscription au conservatoire qui aurait dû être bouclée le...euh, j'ai un peu honte là... 24 juin. Oh, bah quoi, on est encore en été, hein !
Bon, d'accord, d'accord, demain, je me plierai aux exigeances du calendrier, j'accepterai définitivement le fait que nous sommes en automne ; ce que n'avaient pu me faire accepter mes sorties d'écoles, les marronniers bruns, mon pseudo-érable roux, les angoisses professorales de mon C&T à l'approche de la rentrée, monsieur l'almanach me le fera entrer dans le cerveau : on ne peut pas être toute sa vie en décalage temporel ; on ne peut pas décider le 12 septembre que les vacances commencent, alors que le corps épuisé par deux mois d'efforts intensifs vous donne l'impression d'être en novembre. Il me reste donc une semaine pour me mettre au diapason. On appellera ça mon été indien...
[une note qui commence par du Cabrel et qui finit par du Joe Dassin, ben dis-donc, mon vieux, heureusement que j'ai dit que c'étaient les vacances !]
20:35 Publié dans La fille aux cheveux de lin | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : décalage, saisons, automne, rentrée, mémoire, maîtrise, Homère






Commentaires
Ahhh ! Une Touille comme on les aime est revenue parmi nous ! Et ça n'a rien d'un marronnier !
Ecrit par : Ano | 20.09.2006
RHOOOO ben quel patience et quelle abgnégation !
Moi, cet été, j'ai préféré passer à la version pratique, en me tapant une petite "odyssée" de sept semaines, c'était bien cool, ma foi !
Sinon (à supposer que tu ne connaisses pas), pour décompresser je te recommande de visionner O BROTHER, autrement dit quand les frères Cohen revisitent l'odyssée, c'est géant (en V.O) !
Bon courage !
Ecrit par : vincenttheone | 21.09.2006
Vincent, il est inutile de frimer davantage ! :p
Et pour O Brother, bonne idée, je vais demander à ce qu'on me le ramène, j'adore ce film ^^
Ecrit par : touille | 22.09.2006
rahlala.. Moi je suis encore plus décallée que toi je crois ma toutouille, ce doit être de famille.. En même temps, après près de cinq mois de vacances.. En plus, s'ils n'arrêtent pas de repousser mes inscriptions pédagogiques et ma rentrée, je risque d'avoir encore plus de mal à me remettre dans le rythme... :D
Ecrit par : Mdam_marguerite | 22.09.2006
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