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22.06.2006

2

Minute culturelle.

A ce qu'ont dit et répété et encore répété une petite fois pour la route les membres masculins de ma famille au moment de l'élection de notre dernier pape, depuis qu'une certaine papesse Jeanne a jadis défrayé la chronique romaine pour finir en cloque, on vérifie désormais que les nouveaux élus à cette noble fonction ne risquent pas de remettre l'Eglise dans un tel embarras ; je-ne-sais-qui a pour mission de tripatouiller notre pape en question là où vous pensez, puis déclare solennellement :

"Duos habet, et bene pendentes".

J'aime commencer mes notes par de belles histoires ! Surtout que, pas plus tard qu'avant-hier (il faut bien deux jours pour que j'arrive à recracher ma phrase en latin, après ça), j'avais de quoi m'écrier, au seuil du plus profond désespoir :

"Duos habebam, et bene pendentes !"

Alors, pour ceux qui tireraient des têtes bizarres, non non, je ne m'appelais pas Violain dans une vie antérieure, je n'ai pas trop regardé Nip Tuck, en somme je n'ai rien de commun avec ce cher bon vieux Tirésias qui -deuxième minute culturelle pour le plaisir de se culturer, si vous n'iêtes pas contents plantez-vous devant un match-, eut cette particularité de naître homme, d'être transformé en femme, puis retransformé en homme ; Héra rendit aveugle le malheureux qui avait osé révéler qu'en amour, c'était incontestablement en temps que femme qu'on prenait le plus de plaisir.

Bon, eh bien tout cela n'était vraiment que pour faire ma maligne, parce que mes deux pendentes qui ont disparu, ce sont juste deux pantalons que j'ai achetés cet hiver, un jean basique et un en velours bleu, qui avec le refroidissement de la température me manquèrent beaucoup au moment de décider de ma tenue du jour. Désespérée, j'ai fouillé tous les placards de la maison, histoire de voir si quelqu'un ne les aurait pas empruntés, bien qu'en général cette pratique se limite chez moi aux paires de chaussettes (ça doit être notre petit côté communiste). Point de pantalon, ils ont disparu et je suis très malheureuse, du coup j'en ai piqué un dans le placard de mon petit frère, il n'a pas eu l'air de trop broncher, tant mieux.

A partir de là, de ce passionnant délire sur des pantalons (fashionista à mort, mwa), j'en suis venue à l'idée que ma vie, soudainement, semblait diablement régie par la toute-puissance du nombre 2, pour un tas de raisons que je vais essayer de retrouver mais que je ne retrouverai évidemment pas. 2 n'est pas un chiffre qui m'est très cher (je suis folle, abattez-moi et le troupeau avec), et étant née la troisième un trente mars, c'est un chiffre que j'ai toujours eu un peu tendance à snober. Ou à trouver snob. Bref. Mais il se trouve que ce trente mai dernier, j'avais très exactement 22 ans et 2 mois, et que c'est cet anniversaire que mes amis m'ont souhaité, en m'offrant (tiens) 2 fois 2 cds. Avouez que si c'est pas du lavage de cerveau, ça, je sais pas ce que c'est. Donc, hochant penaudement la tête, j'ai daigné jeter un coup d'oeil au 2, j'ai soupiré un coup, hausé les épaules, et maugréé en ouvrant les bras : "Oki, oki, viens faire un câlin, quand y'en a pour trois y'en a pour deux" (Okay, j'avoue, c'est nullissime, mais je manque un peu de sommeil) ; surtout en ce -hahaa ! - 22 / 3x2

Après donc ma mémorable séance d'habillage de l'autre jour, j'ai eu cours de violoncelle ; maintenant que le 2 et moi sommes sinon amis, du moins en cohabitation pacifique, je puis vous entretenir de la très tragique et malheureuse histoire des deux mains ennemies.


Il était une fois une petite fille qui avait deux mains, une à gauche et une à droite. Jusque là, rien que de très normal, tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes et les deux mains s'entendaient à merveille. Elles se faisaient des petits signes amicaux le matin, de chaque côté du torse, s'applaudissaient l'une l'autre, et s'adonnaient à tout un tas d'activités passionnantes comme le lacer de chaussures ou la pâte à modeler.

Mais un jour, la petite fille, qui était vraiment très bête, décida de faire du violoncelle. Et ce fut le début de la fin. Les deux mains commencèrent à faire bande à part. Enfin, plus vraiment "bande" puisqu'elles se retrouvaient précisément toutes seules chacune de leur côté, mais vous m'aurez comprise. La main gauche, qui était une aventurière, décida de se promener sur le manche du violoncelle ; c'était une activité qui demandait de la précision et du doigté, de la rapidité et de la fermeté. Furieuse de s'être vue privée de ce qui lui semblait le plus rigolo, la main droite, qui avait mauvais caractère, s'empara d'un morceau de bois sur lequel étaient tendus des crins de chevaux, frotta ce curieux instrument, appelé archet, sur une sorte de résine collante et la fit grincer sur les cordes de l'instrument.
"Et toc !" fit la main droite, qui avait déjà mal pris le fait que la main gauche, en dépit de toutes les règles statistiques, lui ait déjà piqué l'écriture (notre violoncelliste était gauchère et fière de l'être). "Et toc !", donc, fit la main droite. "Tu te balades peut-être, sale petite tarentule, mais moâ je fais sonner l'intrument, c'est moi qui crée le son, et quand tu t'échines à faire tes sauts de puce comme une petite surexcitée maladroite, je montre, moi, toute ma souplesse, ma légèreté, ma subtilité et mon art des nuances". La main gauche, qui était précisément en train de se lancer dans un audacieux démanché do - ré bémol, s'étrangla de colère devant l'arrogance de cette sale mégère qui, du bas de la touche, osait faire sa mijaurée. Elle rata son démanché, et cela la mit de plus en plus en colère. La main droite, elle, ça l'amusait beaucoup, et, rien que pour embêter sa consoeur, elle faisait n'importe quoi. Faisant tanguer l'archet de la touche au chevalet, elle réduisait diaboliquement à néant les efforts de la pauvre main gauche, qui tentait et retentait des dizaines de fois de jouer juste. Lorsqu'il s'agit de jouer des doubles croches, pendant bien longtemps il fut impossible de mettre les deux mains d'accord pour qu'elles jouent ensemble. La main gauche appuyait-elle le majeur après l'index sur sa corde que la main droite en était déjà à la fin du trait. Bref, elles étaient irréconciliables.

Et notre violoncelliste, dans tout cela, me direz-vous ? Eh bien, notre violoncelliste, force m'est de l'avouer, n'était pas tout à fait impartiale. La nuit, la main droite se faufilait doucement jusqu'à son oreille et lui murmurait tout bas : "c'est à gauche, c'est à gauche que rien ne va ! Dis, ta main gauche, je voudrais pas dire, mais quelle saleté celle-là ! Son fa dièse de l'autre jour, ben dis, c'était quelque chose !"
Et la violoncelliste, qui était un peu bête et très influençable, s'énervait contre la pauvre main gauche qui, certes,n'était pas des meilleures, mais faisait ce qu'elle pouvait. Pas comme l'autre teigne soi-disant douce, souple et gentille qui faisait secrètement des siennes en profitant de ce qu'on ne la regardait pas. Alors bien sûr, le professeur de violoncelle n'était pas dupe, lui, et il criait sur la main droite, qui l'avait bien mérité la vilaine : "Eh, toi, grosse feignasse ! T'as fini de te tourner le pouce ? Refais-moi ce mouvement de souplesse, allez, zou !" Et la main droite, qui n'osait trop rien dire, se bougeait vaguement les fesses et les remuait d'avant en arrière. Mais elle restait assez paresseuse, avouons-le. Sous prétexte de souplesse, c'était une grosse mollasse.

Les choses auraient pu durer ainsi pendant bien longtemps, et c'est ce qu'elles firent. Ce n'est que bien des années plus tard que la violoncelliste, qui était je le rappelle un peu bête et à qui, en conséquence, il fallait un peu de temps pour percuter, se rendit compte que ses deux mains ne s'aimaient pas du tout, et que si elle n'avait pas été là pour maintenir un semblant de cohésion sociale, elle aurait rapidement fini manchote, ses deux mains s'entretuant sauvagement au milieu de la nuit. Décidant que la situation n'était plus tenable, la violoncelliste attrapa ses deux mains avec ses pieds -qui eux ne faisaient pas tant d'histoires, et , tandis qu'elles gigotaient vainement pour se libérer, elle s'écria, encolérée :
"Bon, ça suffit, vous deux, j'en ai assez de vos histoires ! Toi, la main droite, je connais tes manigances ! Tu n'arrêtes pas de martyriser cette pauvre main gauche, et tu fiches n'importe quoi, en bas ! Si tu continues comme ça, je vais être obligée d'apprendre mon morceau par coeur, et je le jouerai en ne regardant que toi ! Et on verra si tu fais toujours ta maligne ! Ne sois donc pas jalouse de ta copine de gauche, ça n'a rien de drôle de se promener sur un manche toute la journée, ça file des crampes et ça fait mal au pouce. Vous êtes complémentaires, toutes les deux, et c'est ça qui est merveilleux, hein, les filles ?"
Les deux mains ne répondirent rien, elles firent la sourde oreille. Mais la violoncelliste n'était pas dupe, elle savait parfaitement que ses deux mains l'avaient très bien entendue. Et vous savez quoi ? A partir du moment où elle accorda un peu plus d'attention à sa main droite, non seulement celle-ci se mit à faire quelques efforts, mais même la gauche, soulagée d'être un peu tranquille...joua beaucoup mieux. La violoncelliste et ses deux mains vécurent dès lors heureuses et jouèrent beaucoup de petits morceaux.

The End.


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Ca me rappelle la scène de princesse Mononoké où le garçon a son bras droit maudit qui menace de tuer une bonne femme et où il retient ledit bras droit de son bras gauche. Bref. C'est le bras droit qui est méchant, dans l'histoire, vous avez noté, hein, hein ? Je peux repartir dans un délire sur les gauchers qui ont une prédisposition au génie (Henri Leconte est l'exception qui confirme la règle, na) et qui sont ignomignieusement maltraités par les méchants droitiers qui font que des trucs pour les embêter et qui les traitent de sinistres et d'impurs à tout bout de champ ? Bon, d'accord, je vous épargne ça pour le moment, gentille comme je suis.

A la place, puisque cette note est placée sous le signe de la symétrie et de l'ambivalence, du yin et du yang, du "faire du mal à ses ennemis" et du "faire du bien à ses amis", et puisque je vous ai raconté l'histoire de deux soeurs, il me reste à vous révéler une fraternité que je n'avais jusque là pas envisagée, mais qui, lorsque B. Noël l'a évoquée, m'a sauté au visage. "Le métronome, c'est comme le réveil : on les aime pas du tout, mais on peut pas s'en passer". Purée, mais oui, quel air de famille !!!

*c'est tout pour aujourd'hui*

15.06.2006

Fashionista

[01/12/04]

Hier matin, dans le métro, les affiches publicitaires chantaient les louanges de Gap, avec l'aimable participation de l'actrice de Sex and the city dont je ne me souviens plus le nom. Mais vous voyez, n'est-ce pas ? C'elle qui se met les pulls gaps sur la tête en demandant "Comment le portez-vous ?"

Sur ces affiches, donc, madame je sais plus comment pose, soit seule, soit entourée d'une cohorte de beaux mâââles qui la serrent de près, car le slogan spécial Noël est "comment le partagez vous ?"...huhu...elle s'en fait pas, la madame je sais plus comment. Mais bref. Ce n'est pas ce qui m'intéresse. Sur l'affiche, je remarque que le black (il faut un black, politiquement correct) au crâne presque aussi bien poli que celui d'Orpheo, porte un très joli cache-oreilles blanc.

Et là je crie, je frémis, je frissonne, je tressaille, je défaille. Enfer et damnation ! Gap m'a piqué mon idée ! J'étais certaine de remettre les cache-oreilles au goût du jour ! Vi, maintenant que je sais que je suis une fashionista... Bon, c'est vrai, j'imaginais pas ces ptits trucs à poils sur des mecs...rhalala, ils sont encore plus innovants que moi, chez Gap !

Hier après-midi, ayant découvert avec stupeur que je n'avais pas cours d'étruscologie, je sors place de la Sorbonne et décide d'aller voir de plus près les fameux cache-oreilles, histoire de savoir à quel prix je pourrai moi-même les commercialiser (huhu). Eh ben, vous savez quoi ? Yavait pas de cache-oreilles, ni chez les hommes, ni chez les femmes, ni chez les gosses. Bon, bon... me voilà perturbée... Je vais enfiler mon pull rose, ça ira mieux ^^


Bon, après moult recherches, j'ai retrouvé le nom de l'actrice, qui n'était autre, vous l'avez deviné, que Sarah Jessica Parker. Sinon... Ben apparemment les cache-oreilles ont quand même pas eu beaucoup de succès, mais forcément s'ils n'en vendaient pas... Restent les peignoirs de ville. A creuser.

Ah, et pourquoi est-ce que cette année tout le monde vend des robes à pois style seconde guerre mondiale ???? C'est à cause de mon délire de l'année dernière sur les robes de ma mère ? Je crois qu'on s'est un peu laissés emporter sur le coup ! Et du blanc, cet été ? Du blond et du blanc ? On se la joue petit ange éthéré gambadant pieds nus sur la plage ? Rhaaa, nan, désoulée, mais avec moi ça va pas l'faire. Passé douze ans, à mon avis, ce genre de style vaut mieux éviter, à moins d'avoir un nom qui commence par Kate et qui finit par Moss.

Bon, je ne suis peut-être pas si fashionista, alors !

Arearea

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Je vais me faire lyncher par mes amis bacheliers (soit au moins quatre personnes, quand même, cette année), mais :

At last ! ENFIN ! ENFIN !

Je suis libre, liiiibre comme l'oiseau qui déploie ses ailes au-dessus de l'étendue glacée qui...hum, je m'emporte. N'empêche que je viens de réaliser que j'avais terminé mes cours et petits examens qui y étaient liés. Un peu dans la douleur, certes. Hier, examen du séminaire d'histoire des idées, youpla, un peu la cata quand même : il a fallu que je tombe sur des sujets qui portaient pile poil sur les bouts de cours que j'avais pas suivis ; l'un, parce que j'avais filé voir l'Enfant et les Sortilèges (un texte à étudier - et quand je regarde la référence, je vois dans mon cours : "passons au fragment 58B191... et ya plus rien, c'est comique ^^) ; l'autre, parce que c'était en fait une conférence qui avait lieu en dehors du cours et que je pouvais pas y aller. La vie est quand même un peu injuste, nan ? Enfin, j'ai quand même déliré tant bien que mal sur "tranquillité et peur de la mort chez Epicure", sujet de circonstance, puisque, je l'ai dit, me voilà tranquille !

At last, ENFIN ! ENFIN !

Certes, j'ai encore quelques cours de violoncelle, mes baby-sittings (en ce moment ça n'arrête pas), et accessoirement une maîtrise à rédiger pour septembre, et mes problèmes d'orientation à régler, mais je ne vais quand même pas m'enquiquiner le cerveau pour si peu, crotte à la fin ! L'orage ayant enfin daigné tonner sur nos aimables têtes, les températures sont redevenues supportables en notre douce capitale, mais ces excès de chaleur intempestifs m'ont donné des envies d'évasion. Ca serait bien, quand même, parfois, d'être multimillionnaire, on grimperait dans un avion pour Tahiti sans se poser de questions et hop, vas-y que je t'arrête les embrouilles...

medium_gyorgy-ligeti-02-_5Bgunter-gl.jpgSurtout, peut-être que, là-bas, au Sud du Glouberghistan oriental, on arrêterait deux secondes de me prendre le chou avec ce petit ballon rond qui fait des siennes chez nos pauvres amis allemands ; de se déchirer les vêtements et lacérer le visage parce qu'il n'a pas voulu rentrer dans un malheureux petit but ; et puis, peut-être que, du coup, on passerait pas sous silence des nouvelles un peu plus importantes que l'état de santé de tel ou tel joueur. Genre, je sais pas, savoir que l'un des plus grands compositeurs du XXe siècle est mort lundi dernier.

Bon vent, György, là où t'es ça doit quand même un peu moins être la folie !

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09.06.2006

Divan

Mollement alanguie sur un joli canapé vert pomme, comme je tendais mon profil de normande à mon cher et tendre, celui-ci me dit tout à coup :

"Tiens ! Je sais à qui tu ressembles ! A la fille de Freud ! Tu verras, à l'occasion, il y a une photo d'elle de profil où elle te ressemble vachement !"

Bon, la citation du cher et tendre n'est peut-être pas exacte, mais c'est l'information qui importe. Eh, quoi, savoir de qui on est le sosie, c'est quand même important ! Non parce que, les hypothèses qu'on m'a jusqu'ici proposées ne m'ont guère convaincues. Sceptique, donc, je suis allée voir mon ami google et je lui ai posé la question :

"Google, mon ami, dis-moi, comment s'appelle la fille de Freud ?"

- Mon enfant, la plus célèbre, la seconde, s'appelait Anna. On disait d'elle que c'était la plus moche de ses filles".


légèrement inquiète et faussement compatissante : - Oh ? Mes condoléances ; et à quoi ressemblait-elle, google ô mon ami, cette Anna ?"

- A cela, mon enfant :

medium_freud_and_anna.jpg


- Aaah mais elle avait de la barbe !

- Non, le barbu, c'est Sigmund, espèce d'andouille."

(Bon, ok, je brode, là, mon ami google ne me traiterait jamais d'andouille, voyons voyons.)

Je dois dire, en effet, que la ressemblance est de mon point de vue assez troublante ; je reconnais mes bonnes joues roses, mes lèvres légèrement pendouillantes et ma petite coquetterie occulaire. Bon, eh bien, si mon scénario sur Roro et Clara ne se fait pas, je broderai sur la vie d'Anna, et je me ferai engager pour le rôle principal ! Bon, et elle a fait quoi, cette Anna, au fait ?

"Allo, google, mon petit lapin en sucre ?

-Quoi, encore ? Grmmblblbl ! Voilà !


Anna Freud
(1895-1982)


Sa vie

Seconde fille de Sigmund Freud, Anna Freud se consacre à partir de 1926 à la psychanalyse des enfants. Elle sera toute sa vie en constante et vigoureuse opposition avec Mélanie Klein.

Ses théories

Elle estime qu'il ne peut y avoir de transfert de la part d'un enfant. Elle insiste sur l'importance de l'observation directe pour établir une "psychologie psychanalytique" de l'enfant qui met en évidence le rôle de l'environnement dans le développement. La dépendance de l'enfant à son entourage introduit une dimension nouvelle dans la pathologie. Pour Anna Freud, le développement de l'enfant ne se fait pas selon une programmation inéluctable au déroulement régulier mais suit des lignes de développement. C'est elle qui a défini la "désintégration du moi de l'enfant". Ce terme indique l'état de fatigue psychologique de l'enfant à la fin d'une longue journée. Tous les parents connaissent ces moments où l'enfant, excité par ses jeux, refuse de se coucher le soir, parfois donnant lieu à une véritable crise de nerfs. Cet état réclame une attitude ferme de la part des parents. Tout se passe comme si l'enfant avait besoin qu'une autorité extérieure lui établisse des limites à ne pas dépasser.
"

Ciel, ciel, une psychanaliste pour enfants ! Oh, ben moi je m'occupe déjà de les faire goûter, de leur faire faire réciter leurs leçons, faire leurs exercices, prendre leur bain, je vais pas en plus les psychanalyser, eh oh ! Ou alors j'augmente mes tarifs, hinhin ! Bref. Passons.

medium_annafreud.2.jpgJ'ai besoin de ton avis, doux lecteur au pied léger. Ressemblé-je à Anna Freud ? Non parce que, je voudrai tant qu'à faire être fixée, savoir si plus tard je ressemblerai à ça :
(Bon, je pense que j'adopterai une autre coupe de cheveux, par contre, hein, et il est possible que j'investisse dans de l'anti-rides)

Eh oui, je suis quelqu'un de futile, et non, il y a peu de chances pour que je devienne une grande psychanaliste ! En la matière, je me contente plutôt d'élucubrations farfeluesques. Dont je m'en vais vous faire part histoire d'amuser la galerie, et aussi parce que cela me permettra de répondre aux réclamations de quelques lecteurs aux pieds vraiment très légers, qui, d'emblée, me demandent une vue de mon profil mignon pour savoir si, oui ou non, je ressemble à Anna. Eh bien, ami lecteur, voualah !

medium_profil.jpg


Bleuh, bleuh, comment ça ça vaut pas, comment ça ? Mais si, c'est bien moi, avec quelques années de moins certes, mais enfin mes joues sont déjà là ! Et, surtout, j'avais encore cette sublime crinière dont Alexandre le Grand lui-même eut été jaloux ! Je vous assure que quand on se réveille après ça le matin avec des crins marrons et filasses, ben c'est pas bon pour le moral...
medium_guitare.2.jpgQue voulez-vous. Tempus fugit, et j'en voudrai éternellement à ma mère de m'avoir quelques temps après cette jolie photo coupé les tifs, me plongeant naturellement dans un abîme de désespoir, et m'obligeant à chercher refuge dans la pratique musicale. Mais si, puisque je vous le dis ! (oui, j'ai trouvé comment marchait le scanner et je fais mumuse, ça pose un problème ?)

Oui, c'est vraiment bien triste. Adieu, jolis cheveux d'or ! Et, à ce propos -fait la fille qu'a pas du tout fait exprès-, j'ai aussi découvert pourquoi, de gamine délurée et assez clownesque, je suis devenu quelqu'un de...disons, assez effacé, introverti, et autres termes pas trop méchants pour traduire mes méchantes tendances associales.

Il y a deux semaines, j'ai assisté à la représentation de l'Enfant et les Sortilèges, de Maurice Ravel ; si vous avez loupé ça, c'est bien dommage pour vous, et bien fait, puisque vous n'aviez qu'à consulter l'article qui en faisait la pub sur le site de Mozart en Buffs. Mais nous nous égarons ; et il n'est jamais très bon, je crois, de faire des reproches à son lecteur. Pas vrai, gentil lecteur aux bracs blancs ?
Il faut savoir que cette oeuvre ne m'était pas totalement inconnue puisqu'en ma verte jeunesse -voix chevrotante-, il m'a été donné de l'interpréter. Enfin, de dire le texte, hein, pas le chanter, dans un cours de théâtre qui se trouvait alors à quinze secondes montre en main de chez moi. De tous les sortilèges qui viennent perturber l'Enfant pas sage qui leur a fait bobo, j'étais, tadaam, qui sinon la Princesse de son livre d'images, celle qu'il acueille l'air béat en disant : "c'est elle !" Eh bien oui, c'était moâ, en toute simplicité.

Jusqu'ici, je me souvenais juste du début de ma réplique : "Oui, c'est elle, ta princesse enchantée..." ou quelque chose comme ça. Enfin, un vrai truc de star hollywoodienne, qui débarque ici avec toute la simplicité et modestie dont elle est capable. En même temps, quand je repensais à ce rôle, le second de ma courte carrière (le premier, c'était le père Michel qui avait perdu son chat - autre chose !), je n'en gardais pas un souvenir particulièrement réjouissant, grandiloquent, joyeux. Il y avait quelque chose qui me dérangeait dans ce vague bout de souvenir ; je pensais que c'était la robe. Sous prétexte que la robe jolie était trop grande pour moi, je m'étais retrouvée avec une espèce de sac multicolore pas très seyant, surtout pour une princesse de mon rang. Oui, bah, on est fashionista ou on ne l'est pas.

Mais ce qui m'avait échappé, ou ce que mon inconscient avait refoulé maladroitement dans les tréfonds de ma petite cervelle, c'est que cette pauvre princesse ne débarque auprès de l'Enfant que pour lui signifier que, comme il a déchiré le livre où elle se trouvait, elle est condamnée à disparaître... Argh ! Et l'Enfant de chanter cette absolument délicieuse, adorable mélodie après que sa princesse s'est romantiquement évaporée :

Toi le coeur de la rose,
Toi le parfum du lys blanc,
Toi tes mains et ta couronne,
Tes yeux bleus et tes joyaux.
Tu ne m'as laissé comme un rayon de lune,
Qu'un cheveu d'or sur mon épaule,
Un cheveu d'or...
Et les débris d'un rêve.


Si vous avez l'occasion, procurez-vous donc l'enregistrement, et vous verrez si ce n'est pas joli tout plein, cette mélodie.

Mais retournons sur notre divan : je comprends désormais pourquoi je suis devenue celle que je suis au lieu de continuer d'épatatouiller la galerie à chacune de mes apparitions. Fidèle à la méthode Actor's Studio, j'ai parfaitement intégré ce rôle de princesse, et j'ai, moi aussi, disparu...

Et tant pis si à l'époque déjà je n'avais plus mes jolis cheveux d'or. Je conserve du moins (mais si !) la fougue d'Alexandre.

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