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09.06.2006
Divan
Mollement alanguie sur un joli canapé vert pomme, comme je tendais mon profil de normande à mon cher et tendre, celui-ci me dit tout à coup :
"Tiens ! Je sais à qui tu ressembles ! A la fille de Freud ! Tu verras, à l'occasion, il y a une photo d'elle de profil où elle te ressemble vachement !"
Bon, la citation du cher et tendre n'est peut-être pas exacte, mais c'est l'information qui importe. Eh, quoi, savoir de qui on est le sosie, c'est quand même important ! Non parce que, les hypothèses qu'on m'a jusqu'ici proposées ne m'ont guère convaincues. Sceptique, donc, je suis allée voir mon ami google et je lui ai posé la question :
"Google, mon ami, dis-moi, comment s'appelle la fille de Freud ?"
- Mon enfant, la plus célèbre, la seconde, s'appelait Anna. On disait d'elle que c'était la plus moche de ses filles".
légèrement inquiète et faussement compatissante : - Oh ? Mes condoléances ; et à quoi ressemblait-elle, google ô mon ami, cette Anna ?"
- A cela, mon enfant :
- Aaah mais elle avait de la barbe !
- Non, le barbu, c'est Sigmund, espèce d'andouille."
(Bon, ok, je brode, là, mon ami google ne me traiterait jamais d'andouille, voyons voyons.)
Je dois dire, en effet, que la ressemblance est de mon point de vue assez troublante ; je reconnais mes bonnes joues roses, mes lèvres légèrement pendouillantes et ma petite coquetterie occulaire. Bon, eh bien, si mon scénario sur Roro et Clara ne se fait pas, je broderai sur la vie d'Anna, et je me ferai engager pour le rôle principal ! Bon, et elle a fait quoi, cette Anna, au fait ?
"Allo, google, mon petit lapin en sucre ?
-Quoi, encore ? Grmmblblbl ! Voilà !
Anna Freud
(1895-1982)
Sa vie
Seconde fille de Sigmund Freud, Anna Freud se consacre à partir de 1926 à la psychanalyse des enfants. Elle sera toute sa vie en constante et vigoureuse opposition avec Mélanie Klein.
Ses théories
Elle estime qu'il ne peut y avoir de transfert de la part d'un enfant. Elle insiste sur l'importance de l'observation directe pour établir une "psychologie psychanalytique" de l'enfant qui met en évidence le rôle de l'environnement dans le développement. La dépendance de l'enfant à son entourage introduit une dimension nouvelle dans la pathologie. Pour Anna Freud, le développement de l'enfant ne se fait pas selon une programmation inéluctable au déroulement régulier mais suit des lignes de développement. C'est elle qui a défini la "désintégration du moi de l'enfant". Ce terme indique l'état de fatigue psychologique de l'enfant à la fin d'une longue journée. Tous les parents connaissent ces moments où l'enfant, excité par ses jeux, refuse de se coucher le soir, parfois donnant lieu à une véritable crise de nerfs. Cet état réclame une attitude ferme de la part des parents. Tout se passe comme si l'enfant avait besoin qu'une autorité extérieure lui établisse des limites à ne pas dépasser."
Ciel, ciel, une psychanaliste pour enfants ! Oh, ben moi je m'occupe déjà de les faire goûter, de leur faire faire réciter leurs leçons, faire leurs exercices, prendre leur bain, je vais pas en plus les psychanalyser, eh oh ! Ou alors j'augmente mes tarifs, hinhin ! Bref. Passons.
(Bon, je pense que j'adopterai une autre coupe de cheveux, par contre, hein, et il est possible que j'investisse dans de l'anti-rides)
Eh oui, je suis quelqu'un de futile, et non, il y a peu de chances pour que je devienne une grande psychanaliste ! En la matière, je me contente plutôt d'élucubrations farfeluesques. Dont je m'en vais vous faire part histoire d'amuser la galerie, et aussi parce que cela me permettra de répondre aux réclamations de quelques lecteurs aux pieds vraiment très légers, qui, d'emblée, me demandent une vue de mon profil mignon pour savoir si, oui ou non, je ressemble à Anna. Eh bien, ami lecteur, voualah !
Bleuh, bleuh, comment ça ça vaut pas, comment ça ? Mais si, c'est bien moi, avec quelques années de moins certes, mais enfin mes joues sont déjà là ! Et, surtout, j'avais encore cette sublime crinière dont Alexandre le Grand lui-même eut été jaloux ! Je vous assure que quand on se réveille après ça le matin avec des crins marrons et filasses, ben c'est pas bon pour le moral...
Oui, c'est vraiment bien triste. Adieu, jolis cheveux d'or ! Et, à ce propos -fait la fille qu'a pas du tout fait exprès-, j'ai aussi découvert pourquoi, de gamine délurée et assez clownesque, je suis devenu quelqu'un de...disons, assez effacé, introverti, et autres termes pas trop méchants pour traduire mes méchantes tendances associales.
Il y a deux semaines, j'ai assisté à la représentation de l'Enfant et les Sortilèges, de Maurice Ravel ; si vous avez loupé ça, c'est bien dommage pour vous, et bien fait, puisque vous n'aviez qu'à consulter l'article qui en faisait la pub sur le site de Mozart en Buffs. Mais nous nous égarons ; et il n'est jamais très bon, je crois, de faire des reproches à son lecteur. Pas vrai, gentil lecteur aux bracs blancs ?
Il faut savoir que cette oeuvre ne m'était pas totalement inconnue puisqu'en ma verte jeunesse -voix chevrotante-, il m'a été donné de l'interpréter. Enfin, de dire le texte, hein, pas le chanter, dans un cours de théâtre qui se trouvait alors à quinze secondes montre en main de chez moi. De tous les sortilèges qui viennent perturber l'Enfant pas sage qui leur a fait bobo, j'étais, tadaam, qui sinon la Princesse de son livre d'images, celle qu'il acueille l'air béat en disant : "c'est elle !" Eh bien oui, c'était moâ, en toute simplicité.
Jusqu'ici, je me souvenais juste du début de ma réplique : "Oui, c'est elle, ta princesse enchantée..." ou quelque chose comme ça. Enfin, un vrai truc de star hollywoodienne, qui débarque ici avec toute la simplicité et modestie dont elle est capable. En même temps, quand je repensais à ce rôle, le second de ma courte carrière (le premier, c'était le père Michel qui avait perdu son chat - autre chose !), je n'en gardais pas un souvenir particulièrement réjouissant, grandiloquent, joyeux. Il y avait quelque chose qui me dérangeait dans ce vague bout de souvenir ; je pensais que c'était la robe. Sous prétexte que la robe jolie était trop grande pour moi, je m'étais retrouvée avec une espèce de sac multicolore pas très seyant, surtout pour une princesse de mon rang. Oui, bah, on est fashionista ou on ne l'est pas.
Mais ce qui m'avait échappé, ou ce que mon inconscient avait refoulé maladroitement dans les tréfonds de ma petite cervelle, c'est que cette pauvre princesse ne débarque auprès de l'Enfant que pour lui signifier que, comme il a déchiré le livre où elle se trouvait, elle est condamnée à disparaître... Argh ! Et l'Enfant de chanter cette absolument délicieuse, adorable mélodie après que sa princesse s'est romantiquement évaporée :
Toi le coeur de la rose,
Toi le parfum du lys blanc,
Toi tes mains et ta couronne,
Tes yeux bleus et tes joyaux.
Tu ne m'as laissé comme un rayon de lune,
Qu'un cheveu d'or sur mon épaule,
Un cheveu d'or...
Et les débris d'un rêve.
Si vous avez l'occasion, procurez-vous donc l'enregistrement, et vous verrez si ce n'est pas joli tout plein, cette mélodie.
Mais retournons sur notre divan : je comprends désormais pourquoi je suis devenue celle que je suis au lieu de continuer d'épatatouiller la galerie à chacune de mes apparitions. Fidèle à la méthode Actor's Studio, j'ai parfaitement intégré ce rôle de princesse, et j'ai, moi aussi, disparu...
Et tant pis si à l'époque déjà je n'avais plus mes jolis cheveux d'or. Je conserve du moins (mais si !) la fougue d'Alexandre.
19:03 Publié dans La fille aux cheveux de lin | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note






Commentaires
Ouah! La ressemblance est.. épatante oui! Franchement, j'en reviens pas! Je crois que tu as trouvé de qui tu es la sosie :D
Ecrit par : mdam_marguerite | 09.06.2006
Clap clap clap pour cette note magnifique. J'en reste baba comme deux ronds de flans.
A ce propos, j'espère que tu ne deviendras pas molle comme l'Anna à la fin de sa vie ; espérons juste que tu auras les moyens de t'offrir le même genre de collier. C'est tout le mal que je te souhaite, Alexandrine aux joues pleines.
Ecrit par : Ano | 10.06.2006
Ressemblance frappante ! Belle note ! Pas grand chose à dire ! Je m'exclame, du coup ! Youpla !
Ecrit par : Milou | 10.06.2006
merci à tous pour vos commentaires :D
Youpla !
Ecrit par : touille | 12.06.2006
Erratum :
La personne sur cette photo après vérification, ne serait point Anna Freud, mais Sophie Freud, l'avant-dernière fille.
La bonne nouvelle, c'est que ce n'était donc pas la plus moche des trois.
La mauvaise, c'est qu'elle est morte de la tuberculose à 17 ans...
Ecrit par : touille | 23.07.2006
oulà 0o
Bon, en même temps, si ça avait été la plus moche ses soeurettes auraient du être des canons :D
Autrement.. Ben.. Désolée pour elle.. En même temps, toi t'as passé les 17 ans sans problème, non? :p
Ecrit par : Mdam_marguerite | 23.07.2006
Ouais mais faut compter avec les petits progrès de la médecine !
(c'est gentil ce que tu dis là :D)
Ecrit par : touille | 24.07.2006
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