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09.05.2006

Cheeze !

Cher Lazlo,

Si tu espérais qu'un jour j'arrêterai de te tordre les joues pour te faire sourire, je t'informe avec joie qu'il y a peut-être, oui, peut-être un espoir : force m'est de constater, après des journées comme celle d'hier, que je n'arrive pas encore à rire, ni même à sourire de tout. Ah, si tu m'avais vue ! Cet oeil enflammé ! Cette moue oscillant entre colère et désespoir ! Je faisais peur à voir.

Je suppose qu'en entendant ça, tu te demandes précisément comment faire pour mettre fin au supplice que je t'inflige, oui, quelle est donc la recette miracle pour me calmer les zygomatiques ? Etant un ange de bonté (je ne t'apprends rien), je te donne ici même, en exclusivité, la recette-miracle. Je te préviens, c'est assez compliqué.

D'abord, il faut me fatiguer un peu, comme la salade. Essaie de me faire crouler sous les échéances à court terme : n'hésite pas à accumuler les comptes-rendus de maîtrise, les thèmes, les traductions, les commentaires de Pindare, les textes à rédiger, les CIO à consulter,... Pense également à mes loisirs, et demande aux administratrices de mes jeux de rôle sur forum de me rappeler, s'il est nécessaire, tout le retard que j'y ai accumulé : non seulement je me désespérerais de ne pas pouvoir m'amuser un peu, mais on me rappellera qu'il faudrait que je le fasse !

Je te préviens tout de suite, tu risques d'abord de te retrouver avec le résultat inverse : je risque d'être euphorique. C'est une réaction un peu bizarre, chez moi, mais plus je suis désespérée, plus je deviens hystérique à ce niveau-là. Ne serait-ce pas une belle névrose ? Quoi qu'il en soit, ne t'inquiète pas, persévère.

Fais intervenir le violoncelle ; prévois-moi un beau petit concert au milieu de tout ça. Et c'est gagné.

Pourquoi ?

Mais parce que j'ai beau avoir les nerfs solides, je vais quand même, nécessairement, me rendre compte à quel point je suis nulle, et combien ce projet insensé n'est pas du tout, mais alors pas du tout à ma portée ! Toi, tu es encore trop gentil pour me dire que je ne sais pas jouer, mais les terreurs que je baby-sitte s'en chargent pour toi !

L'arme ultime ? La répétition de quatuors de violoncelle. Trouve un truc bien chaud pour que je ne puisse pas assumer la partie de premier violoncelle, puis passe une répétition à dire, redire et reredire que c'st minable et que nous ne sommes pas foutues de jouer des noires en rythme. Comme ça, de une je culpabilise d'obliger trois comparses à se faire cirer dessus, de deux je culpabilise de pas jouer pafaitement, de trois je m'énerve quand je me fais engueuler même quand je joue en rythme (car je persiste et signe, ça arrive)... Non, vraiment, voilà ce qu'il te faut. Tu peux même éventuellement me faire enchaîner directement sur le baby-sitting, mais je serai alors tellement crevée, j'aurai le dos tellement explosé que je ne réqagirai même plus, le soir venu, aux interrogations de ma mère concernant mon orientation.

Voilà ! Te voilà enfin tranquille pour... pour une soirée, disons.

Oui, je te l'avoue, je suis quand même assez incorrigible. Hier, profitant de ce que tu regardais ailleurs, j'ai réussi à mettre de la musique sur mon ordinateur, grâce à mon fiston chéri, que grâce lui soit rendue pour les siècles des siècles ! Oui, c'et un petit pas pour l'homme, mais un bond de géant pour la crasse en informatique que je suis, tu ne te rends pas compte ! Lorsque les mesures retentirent dans le casque couvert de cendre de l'ordinateur de ma soeur, il me sembla que le soleil pouvait briller de nouveau, que la vie méritait peut-être d'être vécue. Non, je n'avais pas tout foiré en cette journée ! Et mes lèvres, à nouveau, de s'étirer, de s'étirer...

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Bon... Eh bien il faudra trouver un autre moyen pour m'empêcher définitivement de sourire.


podcast


[REM, Up, "At your most beautiful"]

Touillette dans la Jet Set

28.11.04

Ou comment je me suis retrouvée un samedi soir chez Maxim's.


Tout a commencé il y a, quoi...deux semaines ? Mon oncle nous a téléphonés pour nous dire en riant qu'il avait été invité aux quarante ans d'un type dont il répare régulièrement l'ordi quand celui-ci merdouille. Le type en question, c'est Emmanuel de Brantes, et je ne sais pas grand-chose de lui, sinon qu'il a une moustache bizarre, qu'il fait une émission sur la mode, et qu'il serait parent avec Giscar d'Estaing. Enfin, bref. Ce type fêtait ses quarante ans samedi, chez Maxim's, et organisait pour l'occasion un "dîner de têtes" : le principe, c'est que vous vous habillez normalement mais vous déguisez la tête. Mon oncle nous téléphonait donc pour nous demander une idée. Il nous disait qu'il fallait que ce soit "artistique", et, dans mon grand génie, je lui ai dit de se faire une tête de Van Gogh : Un bandage sur l'oreille, une toque, et c'est bon.

En début de semaine, -je sais plus quel jour-, il m'appelle pour me demander si je veux bien lui faire son déguisement. Ben, oui, d'accord, que je dis. Et si ça me dit de l'accompagner. Ben, euh, oui, que je dis. Ben quoi ? On a pas tous les jours l'occasion (moi pas, en tout cas ^^) de dîner chez Maxim's...


Pour des détails sur ma journée de samedi, veuillez aller voir la rubrique familiale ; il est désormais 19h15, et je m'habille vite fait. Ma mère m'avait sorti une espèce de robe violette assez jolie mais...bref, me demandez pas pourquoi, j'avais pas l'intention d'y aller en robe. Pas là pour me faire remarquer, moi...pis quoi encore ? Donc, je lui pique plutôt un joli haut vert, je garde mon pantalon noir et s'ils ne sont pas contents, tant pis. C'était chic, moi, je trouve. Ensuite, il a fallu se maquiller ; j'avais décidé -ô mais OU vais-je chercher ces idées stupides ???- de me faire une tête de la Dora de Picasso. Une heure plus tard, fin prête, me voilà finalement dans le métro, avec ma tête bizarrement barbouillée ; je ne sais pas pourquoi, les Parisiens devaient être vraiment ailleurs, mais c'est à peine si une ou deux personnes m'ont eu l'air intriguées en me regardant. Ils doivent avoir des vies sympas pour être blasés comme ça ^^ Enfin, je vais pas 'en plaindre ; comme j'ai déjà dit, je suis pas là pour me faire remarquer.



Chez Maxim's, ils sont très gentils, très polis...ça fait très bizarre. Enfin, je veux dire, les gens que je rencontre sont très gentils, c'est pas ça, mais là, la politesse allait trop loin à mon goût. Vous voulez bien me lécher les bottes ? Mais certainement, mademoiselle ? La gauche ou la droite d'abord ?

Bref.

On peut pas dire que j'aie été très sociable...mais ces gens mettent bizarrement assez mal à l'aise. Ils se donnent tous l'air ravis, enchantés, tout est fôrmidable, ils vous parlent de tout et n'importe quoi, mais tout fait vraiment superficiel, superficiel... Ils vous demandent votre prénom, et puis parlent d'autre chose. On parle comme si on était super potes, mais on ne demande rien ; on prend les adresses alors qu'on n'a aucune raison de les garder en mémoire... Demander ce qu'on fait dans la vie est une question incongrue. Pour le dîner de têtes, ils ont mis des gros chapeaux, des grosses perruques, des masques à plumes. Oh, vous êtes subliiime ! Euh...merci...euh...vous aussi, c'est joli... Enfin bon, je dis ça comme si j'avais vraiment eu l'occasion -ce qui sous-entend l'envie- de parler aux jet-setteurs, pour de vrai...en fait, je suis surtout restée avec mon oncle et la collègue par qui il connaît de Brantes, et tout ça... Enfin, voilà. En un mot, cette soirée était bizarre... je ne dirais pas malsaine, mais enfin, j'étais pô...enchantée. Rhalala, je fais ma fine bouche ! ^^ Sans blague, j'ai préféré ma journée de dimanche (enfin, mon après-midi, vu que je me suis levée à 11h30). Mais pour celle-là, je pense que j'irai dans une autre rubrique.

Mine de rien, cette drôle de soirée m'a marquée. On a du mal à réatterrir, après ça. Bizarre de se dire que ces gens vivent toujours dans ce genre d'univers.



Ah, et j'ai pour la deuxième fois de mon existence laissé passer la chance de ma vie !

La première fois, c'était dans un bus pour aller chez mon oncle et ma tante ; je devais avoir onze-douze ans, peut-être moins, et un type est venu me parler, me demander si je faisais du théâtre, si ça m'intéressait... Bon, autant dire tout de suite qu'à l'époque (déjà ?) c'était vraiment mon truc, je prenais des cours et tout ça... mais bon, comme on ne parle pas à des inconnus, ou parce que j'ai tellement peur de me rendre compte que je suis pas géniale si j'essaie de partir dans ce genre de choses...bref, pourquoi exactement, je n'en sais rien, j'avais dit que non, que je n'en faisais pas et que ça ne m'intéressait vraiment pas dut tout, et que c'était là que je descendais, désolée.

Donc, hier, même type de topo. Alors que je cherchais désespérément le sac où j'avais laissé les lunettes de soleil qu'on m'avait données en cadeau (oui, n'importe quoi mais ils offraient des lunettes de soleil aux invités...Oo), un type à une table m'appelle et me demande mon nom ; me demande si ça va, je lui dis que je cherchais juste un sac mais que c'est pas grave (je vivrai sans lunettes à verres verts), il me dit qu'il a des choses très importantes à me dire et qu'il me propose de revenir s'assoir à sa table dès que j'aurai fini mon "shopping". Mais j'ai dit que je pouvais pas, qu'il fallait absolument que je parte. Il m'a dit que j'avais le choix ; m'a demandé si j'étais attendue, j'ai dit que oui. Mais c'était faux, bien sûr ; j'ai fait un petit sourire du genre eh oui, je suis heureuse, j'ai un chéri qui m'attend à l'autre bout de Paris. Et je suis partie. Non, je sais pas pourquoi, il me faisait un peu peur, ce type. J'aurais dû rester pour voir de quoi il voulait me parler, qui était si "important" ^^...vue la tronche que j'avais...enfin, bref. Il aurait été anglais, j'aurais peut-être dit oui, histoire de voir s'il avait des relations avec des acteurs britanniques (huhu), mais, tant pis...la deuxième chance de ma vie s'est envolée ^^ Bah, jamais deux sans trois, n'est-ce pas ? :p


Je ne saurais dire si cette note est très intéressante, je ne crois pas, malgré son caractère vaguement...ethnologique ? Mais elle est tout de même assez importante vu que, par son intermédiaire, mon oncle s'est retrouvé sur mon blog, et a refilé l'adresse à mes grands-parents, qui l'ont refilée... vous voyez le topo. Ca m'a fait un drôle de choc, sur le coup, mais depuis je m'en suis remise, comme de la soirée chez Maxim's ! Je n'y suis (comme c'est dommaaaage) pas retournée depuis, mais ça me permet toujours de faire mon horripilante intéressante quand je passe place de la Concorde... Ah, et puis je reçois aussi une fois l'an des invitations pour des vernissages et des trucs comme ça. Manque de pot, je suis jamais libre ! Zut alors !