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23.04.2006

Du sang, des larmes et de la sueur (etc)

En voilà un programme alléchant !

Depuis que le huit mars a été décrété journée officielle de la femme, force nous a été d'en conclure que les 364 journées restantes, dont ce 23 avril, donc, étaient consacrées au Mâââle. Soit. Messieurs, bonne fête à vous ; en cadeau, une petite digression fort savante qui, j'en suis sûre, remportera votre approbation. Maintenant, si vous le permettez, et dans la mesure ou, en dehors d'aujourd'hui, il vous reste encore 363 belles journées dans l'année, ce n'est point à vous que cette note sera dédiée, mais, plus humblement et plus égoïstement, à mon petit nez, présentement réduit à l'état de fontaine ambulante suite à un rhume carabiné attrapé dans les rues de Valognes (Manche. Je sais, la localisation était fondamentale).

L'an dernier, j'étais supposée traiter un sujet de maîtrise portant sur "le rôle des petites filles dans les rituels religieux en Grèce et à Rome". Bon, ma très répréhensible flemme et mon peu coopératif directeur de maîtrise eurent raison de cette grande Oeuvre avant même qu'elle ait atteint ne serait-ce que son quart, mais passons.

Cette année, réforme LMD oblige, c'est un Mââster 1 qui m'occupe ; et changement de directeur oblige, mon sujet est tout à fait différent, mais son titre tue lui aussi sa mère grave de chez grave (ouais) : "Faire du bien à ses amis, du mal à ses ennemis : une morale en question dans la poésie grecque archaïque". Je ne m'amuserai pas pour cette fois à expliquer en trente pages pourquoi ce sujet est vachement mieux et super passionnant et tout, je doute que votre bienveillance à l'égard de l'étrange créature férue de Grec ancien que je suis aille jusque là.

Toujours est-il que vous reconnaîtrez (c'est un ordre) que ces deux sujets, a priori (c'est du latin :)), n'ont pas grand-chose en commun. Comment, vous n'en savez rien ? Mais puisque je vous le dis ! Rha, z'êtes mal luné, aujourd'hui, c'pô possible, ça y est, c'est votre fête, vous vous croyez tout permis ! 'tention, hein, je vais appeler les Chiennes de Garde, hein ! Donc, je ne pensais pas que les rares bouquins que j'ai, quand mêêême, lus l'année dernière pourraient m'être d'une quelconque utilité cette année. Et pourtant, si. Et je m'en vais vous expliquer le pourquoi du comment.

Le problème de l'application de notre morale dans l'univers homérique m'a naturellement incitée à aller gratter la notion d'héroïsme dans l'épopée : bah oui, un n'héros, on peut s'attendre à ce qu'il soit un parangon de la vertu, un modèle entre tous à la fois de bravoure à l'encontre de ses ennemis et d'empathie pour ses frères, ses amis, ses copains guerriers, etc etc (autre problème que celui de la notion d'amitié, brrr). Qui dit faire du bien à ses amis dit aussi, sans doute, entre autres, se soucier de leur sort, et, le cas échéant, le déplorer. Figurez-vous qu'il n'y a qu'à l'époque homérique que les héros ont le droit de pleurer sans que leur valeur s'en trouve pour autant altérée ; Platon, après, il a dit que c'était pas bien, bouh ! [Rép., III, 387-9 : « Ainsi nous aurons raison d’ôter aux hommes illustres les lamentations et de les laisser aux femmes ordinaires et aux hommes lâches, afin d’inspirer le mépris de ces faiblesses à ceux que nous prétendons élever pour la garde du pays ».] Et même Archiloque, "le premier grand poète lyrique européen" (sic), trouve ça assez inconvenant. [Je vous épargne la citation bel ange que je suis].

Bon, le truc, c'est que les machins, là, appelés femmes, ça pleure aussi. Cela en fait-il des n'héroïnes aussi ? Est-ce une preuve qu'elles auraient un minimum de sens moral, ces petites bêtes là ?

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Je vous rassure tout de suite : une femme qui pleure n'a rien à voir avec un beau guerrier buriné frotté à l'huile d'olive lavé avec mir express sanglotant sur la mort de son pote. La femme n'est bonne qu'à sangloter sur son défenseur, parce que, pauvre quiche, tout ce qui la tracasse c'est qu'elle se retrouve sans défense et douc vouée au pire (esclavage, et patata) ; c'est pas de l'empathie, ça, pff, pour qui vous m'prenez ! C'est des larmes de rien du tout, qui servent à rien, juste à souligner leur impuissance, à ces greluches ! Alors que Brad, lui, quand il pleure, eh ben primo c'est pas du chiqué, secundo il a pas le kleenex dans la main gauche qu'il a déjà la lance dans la droite, prêt à venger son compère.

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Ce n'est pas moi qui le dis, c'est Hélène Monsacré, dans un EXCELLENT bouquin intitulé très poétiquement Les Larmes d'Achille. Maintenant, la belle Hélène (Monsacré, pas l'autre) va plus loin, et c'est là que ça m'interpelle particulièrement. Je cite :

"Du côté des femmes, l’accent est mis davantage sur la passivité, la « liquidité » de la nature féminine, comme si l’inadéquation d’un corps de mère à la guerre et à l’art du combat s’expliquait –entre autres raisons- par cette faculté à fondre, à se ramollir. [...] Il faut noter ici la triple occurrence du verbe tekhestai et la double occurrence du composé katakesthai qui traduisent nettement l’idée de liquéfaction, de fonte, de dissolution. Pénélope se consume dans le chagrin ; à force de pleurer, sa peau se flétrit et, d’une certaine manière, ses pleurs incessants usent sa vie, dissolvent ses forces.

[...]

C’est un tremblement de même nature qui caractérise l’état physique annonciateur du jaillissement des larmes et la manifestation corporelle de la peur. Selon qu’il a envie de pleurer ou qu’il cède à la peur, le guerrier a les paupières ou les genoux qui tremblent. Dans les deux cas, le signe précis pour ce type d’émotion est le tremblement d’une partie du corps. Rien de tel chez les femmes ; on a vu, au contraire, qu’elles pleuraient passivement, qu’elles se liquéfiaient presque paisiblement. L’inversion se précise encore si l’on se souvient que Pénélope se consume dans ses pleurs et fond comme neige au soleil, alors que la douleur d’Agamemnon, dans le passage cité plus haut, est comparée à un déluge de grêle et de neige. [X, 6-7]"

Et c'est là que les Athéniens s'atteignirent. Je veux dire, c'est là que je découvris que je n'avais pas totalement perdu mon temps avec mes lectures de l'année dernière. Parce que, ça, la liquidité du corps féminin, ça me parle. Enfin, plutôt, ça a parlé à Aristote et Hippocrate, qui dans leurs jolis traités étaient d'accord sur ce point : en gros, une bonne femme, c'est jamais qu'une grosse outre pleine d'humeurs. (sang, bile, sperme, lait, peu importe, c'est la même chose tout ça, ne commencez pas à chipoter : nos amis Grecs croyaient en l'unité fondamentale des liquides biologiques, surtout chez les nanas of course.)

D'où infériorité naturelle, biologique, du corps féminin. Sci-en-ti-fi-que-ment prouvé. Le corps de Brad est fait de chairs compactes, sèches (même frottées d'huile, bon), son sang est léger et clair, il y a peu de sperme, les valeurs sont le chaud, le côté droit, le haut et l'avant ; son embryon précoce le destine à une longue vie. En revanche, chez la femme, changement de programme : l'embryon est informe et tardif, la vie courte, les chairs humides, lâches et molles (bon appétit si vous êtes à table), le sang épais, sombre et abondant ; il y a beaucoup de sperme, ce qui conduit naturellement (mais si !) à la lascivité (toutes des feignasses !) ; et les valeurs sont bien entendu inverses : froid, gauche, bas. Les Spice Girls, ça vaut pas les 2 be 3, c'est sûûr ! (pas taper, c't'une blague... :))

Citons nos sources ; ces jolies informations se trouvaient dans la Fille d'Athènes, de Pierre Brulé. Je sens que vous en redemandez (tous ceux qui pourraient me contredire sont aux toilettes, je suis tranquille), et je ne résiste donc pas à en rajouter une couche avec un extrait de Femmes et Société dans la Grèce classique de Nadine Bernard : "L'humidité et la porosité du corps féminin, imputables à la texture de la chair, génèrent un excès d'humeurs. L'écoulement de sang menstruel qui rythme la vie d'une femme est ainsi perçu comme un soulagement spontané et une purification salutaire".

Et à ce propos, saviez-vous que "Le seul regard [d'une femme qui a ses règles] ternit l'éclat des miroirs, émousse le tranchant du fer, efface le brillant de l'ivoire ... ; à son contact, le lin qu'on fait bouillir noircit ... ; le cuivre prend une odeur fétide et se rouille" ? (Pline, Histoire Naturelle, VII, 13-14 ; 28-33)

Tu vois, bobonne, le liquide et toi, c'est bonnet blanc et blanc bonnet ! C'est pour ça que tu sues sang et eau sur ton plan de maîtrise, et c'est pour ça que t'es enrhumée comme un chien ! Alors, fais pas cette tronche et va donc faire la vaisselle !

:D

Commentaires

arf! tout ça pour ça! mdr :D

Ecrit par : mdam_marguerite | 24.04.2006

Non mais quel délire, on rêve, là...

Surtout après quinze jours d'inactivité, merde, Violaine, faut prévenir quand on part en vacances, moi, je fais toujours ça, l'été (c'est sûr, ça sert à rien, les gens n'écoutent pas ce qu'on leur dit, et j'arrive début septembre avec 712 "messages non lus", alors que j'avais bien prévenu que je ne serais pas là durant deux mois, lol !!!)...

En ce qui concerne la "prétendue" journée de la femme,, encore mieux, on doit être assez d'accord, je pense, à voir sur :
http://vincenttheone.blogspot.com/2006/03/oups.html

Autre commentaire, qui va vous surprendre (peut-être) : il n'y a pas que les femmes qui pleurent, rassurez-vous ! Moi, il suffit de me mettre devant Titanic, Million Dollars Baby ou, encore mieux, Sur la Route de madison, et voilà...je suis une loque, en résumé !!! Il me faut 712 Kleenex pour arriver à la fin du film, et encore, je compte large, lol !

M'enfin bon...
Je suis las des commentaires, là, sur ce coup...
Si ça vous amuse (ça peut !), allez comparer les cerveaux masculins et féminins avec le lien direct :
http://vincenttheone.blogspot.com/2006/04/about-comments.html

Et sinon, gros scoop, je viens de fêter ma 5000ème sur mon Blog SNEAKERS & BUFFALOS : http://buffaddict.blogspot.com/,
à l'adresse directe :
http://buffaddict.blogspot.com/2006/04/5000me.html

Bon. C'est à voir, quoi... Faut aimer. Mais pour les "amateurs", ça le fait, promis !

Ecrit par : buffaddict | 24.04.2006

ah, mais j'ai prévenu à l'inauguration même de ce blog ! S'il s'appelle "cadence rompue", c'est aussi parce que je l'actualise sans aucun complexe (bon, si, un chtit peu, mais bon) avec une certaine irrégularité ! Mais ça fait plaisir de vous voir au rendez-vous dès que je repointe mon nez (ou ma fontaine), je suis très touchée.

Les liens n'ont pas l'air de fonctionner, las, trois fois hélas ! Mais j'ai vu les cerveaux et c'est assez rigolo, mais ton blog est en lien (mozart en buffs) pour les amateurs. Enfin, pas celui sur les chaussures, j'avoue que c'est mon plus grand centre d'intérêt ; mais les chiffres prouvent que je suis minoritaire, félicitastroumpfs pour ce succès ! :D

Enfin, non, tu n'es pas une loque, voyons ! Tu es un héros homérique, voilà tout ! ;p

Ecrit par : touille | 24.04.2006

Ah, ces Grecs, tous des Barbares. Quoi ? Y'aurait quelque chose que j'aurais pas compris ? Meuh...

Ecrit par : Ano | 24.04.2006

*Donne un mouchoir à la miss*
Tu pouvais pas demander plus simplement non ? :p

Ecrit par : Cel | 24.04.2006

faut toujours que je fasse ma maligne :p

Ecrit par : touille | 24.04.2006

Bizarre, chez moi, tous les liens marchent (à partir de ton blog, veux-je dire).

Strange...

Ecrit par : buffaddict | 25.04.2006

lao tseu a dit : si tu cherches à comprendre comment fonctionne mon ordi, c'est toi qui va péter un câble (quelle sagesse...) J'espère que ça marche pour les autres.

Ecrit par : touille | 25.04.2006

Bigre, je pensais qu'il n'y avait que mon cerveau qui était liquide, de temps en temps...

Ecrit par : Milou | 25.04.2006

Bon, qu'est-ce qui se passe, là ? C'est l'agreg de grec, ou quoi ????
Le relachement de ce blog pourtant si sympa (et si érudit en même temps) sent à plein nez les révisions de dernière minute, LOOOOL !!!

Allez, un petit Post entre deux thèmes d'Eschyle, et tout ira mieux, tu verras (toujours faire confiance aux vieux cons, c'est ma devise...) !!!

Ecrit par : buffaddict | 04.05.2006

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