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30.03.2006
Le treizième travail d'Héraklès
En ce fameux jour maudit où je m'en fus à la fnac et où je dilapidai mes maigres économies (cf. supra ^^), je passai, comme à mon habitude, par le rayon jeunesse ; oui oui, dit comme ça, on pourrait encore supposer que je n'ai fait que le traverser pour rejoindre un rayon plus sérieux, mais les amis de la fnac montparnasse témoigneront que, ledit rayon jeunesse se trouvant tout au fond du magasin, en face des bds, de telles sornettes ne seraient pas crédibles. Eh quoi ? Dois-je avoir honte de faire ex-près un détour pour aller feuilleter des livres qui ne sont plus de mon âge ? Je trouve qu'il y a vraiment des petites merveilles dans ce rayon ; sans blague, ya vraiment des choses de très grande qualité, et on a tort de considérer avec mépris cette branche de la littérature et de l'art en général. J'aimerais bien faire des beaux dessins comme ça, moi.
Bref. Tout ce détour pour faire un petit coup de pub pour :
Petite (aah, verte jeunesse ! tu t'enfuis !), je dévorais les livres de contes et légendes ; j'ai toujours été un peu rêveuse. J'adorais feuilleter le dico de poche de mythologie grecque de ma môôman, ce qui prouve au passage que je suis bel et bien cinglée, mais passons. Donc, comme c'était quand même des lectures un peu spéciales pour de jeunes têtes blondes, je me demandais s'il existait des livres de mythologie pour enfants. Enfin, je me disais bien qu'il devait y en avoir, mais comment étaient-ils ? Eh ben, figurez-vous qu'ils sont très chouettes. Enfin, celui-là, dont je fais la pub, m'a vraiment scotchée. Bien documenté, agréable au toucher, des illustrations superbes, qui nous changent des immondes torses rose bonbon auxquels donnent lieu généralement ce genre de récits... Non, vraiment, très bien, chapeau. Heureusement que j'étais déjà plus que fauchée, sinon je pense vraiment que j'aurais creusé le découvert. Enfin que j'aurais essayé et que la madame de la fnac m'aurait refusé le paiement. Elle sont tellement méchantes, les dames de la fnac...
Alors, je vous vois venir ; vous allez peut-être me dire que je suis quand même franchement tarée, en la matière, et que je ne peux donc pas vraiment servir de référence : normal que de tels bouquins me plaisent, je fais quand même un devoir de maîtrise sur Homère (si ! si !) et ses petits copains archaïques. Mais je suis aussi, ne vous déplaise, baby-sitter de choc, et j'ai été littéralement sidérée par l'intérêt que pouvaient porter mes trois adorables terreurs à la mythologie.
L'autre mardi, comme ils étaient attablés dans la cuisine, à tremper des bns et des pepitos dans du jus de pomme ou du lait grenadine, je ne sais plus comment, ils en sont venus à discuter de cyclopes, pour se demander s'ils existaient ou non ; leur conclusion fut positive, puisque, rappelaient-ils (je suis fière !), yavait un type qui en avait rencontré un (oui, Ulysse). Je fus appelée à la barre. Alors, tel le parent angoissé se demandant s'il doit ou non annoncer à son chérubin que le père Nowel n'existe pô, j'amorçai une sorte de vague discours pour expliquer la trèèès grande ancienneté de ces récits et la probabilité qu'il y ait eu des inventions et des enjolivages. Beh, tenez, Hercule, par exemple, tout ce qu'on raconte qu'il a fait d'extraordinaire...
-Ah, ouais, Hercule ! On a la cassette ! Mais c'est pas vieux comme histoire !
- *oeil noir* Euh, ben si, c'est vieux, c'est pas Walt Dinsey qui l'a inventé, c'est très très vieux, les exploits d'Hercule.
- Il a fait quoi ?
- Ben vous savez, les douze travaux d'Hercule !
- Aaaah oui, les douze travaux d'Asterix !
- *soupir* euh, oui, mais euh Hercule c'étaient pas les mêmes travaux !
- Ah ? C'était quoi ? C'était quoi ? C'était quoi qu'il a fait ?
Et voilà, l'interrogatoire avait commencé, et, tandis que je délirais joyeusement en essayant de pas dire trop de conneries sur le lion de Némée, l'hydre de Lerne, la biche aux pieds d'airain, le sanglier d'Erymanthe ("Eryquoi ???"), les pommes d'or des Hespérides, je voyais leurs yeux s'écarquiller ; en fait de jus de pomme, ils buvaient littéralement mes paroles pourtant bien hésitantes, parce que, quand même, je voulais éviter de leur faire faire des cauchemards toute la nuit. Chaque fois que j'achevais un travail, j'avais droit à un triple "et quoi d'autre ????" à la fois enthousiasmant et... et un peu flippant parce que, oui, même moi, je me demandais ce qu'il y avait après...En fin de compte, je dois avouer être finalement arrivée à neuf travaux sur 12, ce que je trouve pas si mal ; franchement, qui se souvient que le brave Héraklès dut capturer les juments de Diomède et le troupeau de Geryon-ka-trois-têtes ? Bon, j'admets qu'avoir omis le fait qu'il acheva sa belle série par une petite descente aux Enfers pour y récupérer Cerbère ("Cerquoi ? -Cerbère ! Le chien à trois têtes ! Tu connais, non ? Ah oui !" *re-fière*) est un peu nullissime. C'était quand même pas mal, comme travail.
Pour me faire pardonner auprès de mes trois braillards restés sur leur faim, grosse tarée que j'étais, je me mis à leur raconter l'atroce, l'immonde mort d'Hercule, avant de me rendre compte que la lecture des Trachiniennes de Sophocle, c'éait peut-être bon pour moi, mais un peu corsé pour un gosse de cinq ans (pour le plus petiot). Oh, je ne doute pas que vous connaissiez, doux et brillant lecteur, vous-même, l'histoire atroce de la tunique empoisonnée qu'offrit Déjanire à son n'Hercule de mari qui voulait la répudier, espérant par ce filtre retrouver son amour. De même que vous savez que le soi-disant filtre était en vérité le sang du centaure Nessos, qui, tué par Héraclès, avait conseillé ce douteux aphrodisiaque à la belle qu'il venait d'essayer de violer au nez et à la barbe de son grognon de mari. Car les flèches d'Hercule, qui avaient terrassé le centaure, avaient été elles-mêmes plongées dans le sang de l'hydre de Lerne, qui, comme tout gros serpent pas beau qui se respecte, était très très très empoisonnée de partout.
Raconté comme ça, c'est à la fois très confus et très violent, d'où mes hésitations et mes remords à l'idée de m'être lancée là-dedans. Je vous rassure, donc, dans mon histoire, le centaure voulait juste "enlever" Déjanire. Pour le reste, ma foi... Oui, ça ne donne pas une image très valorisante de la femme, mais que voulez-vous ? Tout le monde n'est pas reine des amazones.
Lorsque j'eus fini mon histoire, l'aîné des trois conclut aussitôt par : "mais alors, Hercule il est mort à cause d'un mort ?"
Est-ce que c'est pas brillant, ça, comme répartie ? Soucieuse de pas non plus délirer pendant trop d'heures, j'avais pas parlé de cet orcale chez Sophocle qui menace Hercule de mourir, précisément, de la main d'un mort... Et c'est exactement ce qu'a relevé ce gamin de, quoi...dix ans ? Franchement, ça m'a épatatouillée. J'ai promis à mes trois compères de me renseigner pour la prochaine fois, histoire de leur raconter d'autres histoires bien croustillantes. Mais, cette fois, j'essaierai de mieux choisir mon sujet...
- Et maintenant, on file faire les devoirs !
- Ooooh... déjà ? [et je vous interdis de dire : "pas trop tôt" !]
11:27 Publié dans Children's corner | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
27.03.2006
A toutes les gosses de riche
[30/09/04]
Col Claudine et souliers vernis
Gabardine et bonnet bleu nuit
Toi qui ne connais pas l'envie
Toi qui ne connais que l'ennui
L'ennui d'avoir à faire un choix
Entre la percale et la soie
Cache les sanglots de ta voix
Les riches n'en ont pas le droit
Petite fille qui a toujours
Toujours vécu dans le velours
Pas le droit d'avoir le coeur lourd
Pas le droit au chagrin d'amour
N'as tu pas vu sur ton berceau
Voler les anges tout là-haut
Dors dans ton cocon bien au chaud
Dors maintenant, et plus un mot
Les gosses qui ont de l'argent
N'ont pas à pleurer bêtement
Ils ne peuvent qu'être contents
Qu'ils se taisent comme des grands
Petite fille au coeur brisé
Tes seuls amis sont tes poupées
S'il te prend l'envie de pleurer
Pense à fermer la porte à clé
Les autres sont moins malheureux
Tu voudrais parler avec eux
Tu voudrais entrer dans leurs jeux
T'es pas assez pauvre pour eux
Tu voudrais écorcher les anges
Tu voudrais sauter dans la fange
Petite fille, comme c'est étrange
Depuis quand crois-tu aux mélanges
Ton papa est homme d'affaires
Avec tes quatre petits frères
Ta maman a beaucoup à faire
Ton papa a un revolver
Petite fille trop gâtée
Trop riche pour pouvoir parler
Entends-tu les anges chanter
Au pays des rêves secrets
[Cette rubrique est décidément bien pratique pour réactualiser mon blog même si je n'ai rien à dire.]
Hum. Alors voici, paraît-il, la magistrale démonstration de mes talents de poétesse. Enfin, en tout cas, ce petit texte m'a valu autrefois d'extraordinaires éloges, bien au-delà de tout ce que jimaginais en le postant ; bon, évidemment, j'étais assez fière de moi, c'est quand même un tout petit peu plus étudié que mes habituels "poulet tandoori" (dont je me demande si je vais également le faire migrer ici), mais bon. Je ne trouve pas, en le relisant, que ce soit sensationnel. Mais il paraît que c'est normal. Ce qui est rassurant, c'est que je ne trouve pas non plus que ce soit nullissime. Pas assez,en tout cas, pour le laisser dans les limbes. Je me demande si on finit forcément par être déçu par les textes qu'on a écrit. Les textes littéraires, j'entends, pas les habituelles élucubrations sans intérêt qui font l'ordinaire de mon blog. Amis écrivaillons en herbe, quel est votre sentiment sur la question ? (je sais, j'interroge beaucoup en ce moment).
PS : depuis quelques temps, les pages internet s'affichent en minuscule ; je peux à peine lire ce que je tape. Donc ne vous attardez pas sur les fautes de frappe, je m'applique autant que possible mais j'ai mal aux yeux !
16:36 Publié dans La cathédrale engloutie | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
20.03.2006
La question qui tue
J'ai une question à dix mille euros à vous soumettre : est-on le même sur internet et dans la vraie vie ?
Est-ce qu'un blog n'est qu'une mise en scène de la personnalité de quelqu'un, une façade dissimulant la personne véritable ?
Ou est-ce qu'au contraire, on s'exprime plus facilement par ce medium écrit et plus ou moins anonyme qu'on ne le ferait dans la vraie vie, où l'on est forcément inhibé d'une certaine manière ?
Personnellement, j'aurais naturellement tendance à choisir la première solution, dans la mesure où je trouverais flippant de s'imaginer qu'on ne peut pas être soi dans la vie réelle.
Est-ce à dire que je joue sur ce blog à être quelqu'un d'autre, comme je le ferais sur un jeu de rôles, à ceci près que le scénario me serait imposé ? Non, non, évidemment, ce n'est pas ça du tout. Simplement, une personne qui ne me connaîtrait que par le biais du net se ferait très certainement une idée très fausse de moi : non, non, en vrai, je ne suis pas hystérique, je ne suis pas toujours drôle et cynique, je ne suis pas si excessive, disons.
D'un autre côté, je pense que si je donnais cette adresse à certaines personnes que je côtoie dans mon entourage, elles seraient probablement un peu surprises, et apprendraient même à me connaître davantage. C'est que, dans la vie réelle, je suis quelqu'un d'assez réservé, effacé, probablement même quelqu'un de très chiant aux yeux de certains.
Docteur Violaine et Miss Touille ? Un autre moi qui se réveillerait au contact d'un clavier ? Non plus. Mais disons que, quand je lis certaines de mes notes, je me fais peur à moi-même ; je me dis qu'on doit vraiment me prendre pour une drôle de créature.
Ou alors, peut-être que j'ai peur que ma personnalité s'exprime si fortement sur ces pages ouvertes à tous. Je l'ai dit, je suis quelqu'un de timide, il y a beaucoup de choses que je suis incapable de dire en direct live, et qui passent plus facilement à l'écrit. C'est tellement plus sécurisant de pouvoir balancer n'importe quoi sans avoir le regard de la personne face à soi, sans avoir son sourcil qui se hausse, incrédule... Ca m'est égal que machin bidule chouette de pétaouchnoque-les-oies me prenne pour une tarée, et même, ça m'amuserait presque. En revanche, si c'est quelqu'un que je connais, là, j'ai une trouille bleue. Lorsque mes grands-parents m'ont dit qu'ils avaient trouvé l'adresse de mon blog, j'ai bien cru que j'allais péter les plombs. De même, lorsque Valena m'a dit qu'un copain à elle était tombé dessus. Et quand je donne l'adresse à mon cher et tendre, inutile de vous dire que le stress devient assez difficile à gérer. Ce qui ne m'empêche pas, lorsque cela arrive, de faire un grand sourire, de hausser les épaules et de dire "mais oui, vas-y, va, ya rien de secret".
C'est vrai, il n'y a rien de secret là-dedans, je ne suis pas assez hypocrite pour craindre d'avoir dit des saloperies sur quelqu'un derrière son dos. Mais n'empêche que, oui, quoi que j'en dise, un blog est quelque chose d'assez personnel et... enfin, je sais que c'est idiot, mais il faut encaisser l'idée que des personnes qui vous connaissent peuvent vous lire.
Malgré tout, je suis et demeure une "bloggueuse", mon ton ne change pas, je suis Touille (et fière de l'être) ; tout ce que je veux, c'est m'assurer qu'il n'y a pas de malentendu : la Touille romance, et donc même si je suis sincère dans tout ce que j'écris ici, ça n'est pas vraiment, vraiment moi non plus. D'ailleurs, il y a énormément de choses que je ne publierai évidemment JAMAIS sur ce blog.
Un blog est un petit exercice mental assez salutaire, en fait, pour les timides de mon espèce : ça m'oblige à assumer davantage ce que je suis, je veux dire, la vraie Violaine. C'est peut-être contradictoire, ce que je dis ? Quoi qu'il en soit, je pense être plus sereine depuis que je me livre à cette petite activité ; je me fais ma séance de psy personnelle, haha ! Enfin, si, d'une certaine manière, ça oblige à réfléchir sur soi, quand même ; surtout quand je relis mes anciennes notes. J'ai même l'impression que le fait de me forcer à adopter un ton optimiste sur mon blog m'a rendu plus sereine, plus philosophe dans la vie. Mais il faudrait que je réfléchisse encore sur la question.
Voilou, je ne relis pas parce que je vais froncer les sourcils à chaque paragraphe en me disant que ce n'est pas du tout ce que je voulais dire, mais quoi qu'il en soit des avis extérieurs, même de non blogueurs, m'intéresseraient assez.
23:05 Publié dans Reflets dans l'eau | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note
Vorace II, le retour
Si je fais le compte de ce que j'ai englouti ce week-end, c'est assez effrayant :
- une granny smith
- un croissant
- une corne de gazelle
- quelques olives vertes
- quelques carrés d'emmmental
- du cake aux légumes
- du cake aux noisettes
- du poulet au pavot bleu
- du magret de canard au poivre vert
- de la salade de blé sucrée-salée
- du saumon poché
- du feuilleté raie-épinards
- du pain de lotte
- une tomate aux herbes
- du flan à la mandarine
- de la tarte à la noix de coco
- de la tarte poire-chocolat
- une truffe au chocolat noir
- des rondelles d'oranges à l'orientale
- encore des olives vertes (beaucoup trop)
- saumon, feuilleté, lotte, salade (voir ci-dessus)
- tajine aux amandes et aux pruneaux
Ce qui me fait rire, c'est que ça commence plutôt soft et que ça dégénère complètement. Rassurez-vous, je ne mange pas autant d'ordinaire, et de chaque plat j'ai pris des quantités gastronomiques (et on n'oublie pas le G) ; ce n'est tout de même pas ma faute si le père de mamma mia (qui n'est pas mon grand-père) aime cuisiner, et ce n'est pas non plus ma faute si ma mère avait choisi ce week-end ci pour se lancer dans les tajines ! Elle m'en avait gardé exprès, j'allais pas la boudasser et prétexter un estomac douloureux ! Enfin bref.
Il disait quoi, déjà, l'ami Georges ? Ah oui :
Le menu que je préfère
C'est la chair de votre cou
Tout le restant m'indiffère
J'ai rendez-vous avez vous
Pom pom pom pom pom (granny smith ! Cette note a une construction cyclique, purée !)
20:15 Publié dans La fille aux cheveux de lin | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
19.03.2006
Vorace
J'ai fait une grosse bêtise, jeudi dernier : je suis allée à la Fnac. Oh non, non, non, Touille, malheureuse, tu sais que c'est mauvais pour ton cholestérol ! Euh, pour ton porte-monnaie ! Je te l'ai déjà dit cent fois, inconsciente folle furieuse, PAS de fnac après le déjeuner ! Pas bon, pas bon du tout !
Mais euh... C'pô ma faute, jiminy, aussi, j'avais une pellicule photo à développer... (Deux, même, parce qu'on trouve de ces trucs quand on range sa chambre) Alors pendant le développement, j'avais une heure à tuer... pis... pis j'avais un cadeau à acheter pour mamma mia, quand même ! Non mais quand mêmeuh ! Pis j'ai juste un tout petit peu traîné du côté des cds... Pis j'ai un tout petit peu trifouillé les écouteurs...
Oui, donc bref, tout ce cinéma pour dire que je suis ruinée ; enfin, pas totalement, mais je vais l'être, vu que, une fois n'est pas coutume, je me suis acheté deux jolis cds. Beh oui, ça faisait longtemps, pis bon, c'est mon anniversaire bientôt, alors un ptit plaisir, pis bon, hein, j'aime bien les excuses à la noix...
C'est sans doute pas les albums du siècle, mais ça fera l'affaire pour cette année. Le premier est d'un certain Kelley Stoltz, que je ne connais ni d'Eve ni d'Adam, mais c'pô mal. C'est une sorte de pop rock assez joyeuse, limite beach boys de temps à autres... Oui, j'ai dit que c'était pas le disque du siècle mais j'aime bien le côté vieux rock de derrière les fagots, avec des percus bien lourdes et des ploing ploing à la guitare. A se demander pourquoi sur la pochette, le type est assis sur son piano - bah en fait c'est juste pour que j'achète son cd, parce que, oui, une fois n'et pas coutume, c'est ça qui m'a attiré au départ. Bah c'est comme quand j'avais acheté "vent fou" de Jorane, une canadienne qui fait des trucs bizarres avec son violoncelle (pour une fois que les violoncelles servent pas juste à faire des grosses notes longue toutes moches derrière un chanteur à trémolos ridicules). Donc voili voilou, comme en plus je connais pas encore par coeur les chansons, ça m'évite de les chanter à tue-tête et ça me fait un excellent fond sonore tandis que je me dépatouille tant bien que mal (plutôt mal que bien, en fait) avec mon thème grec (ça va devenir un mythe, ce thème grec).
Alors voilou, le cas de conscience je l'achète-ou-pas ? a duré une demi-heure, trente minutes de combat acharné entre à ma gauche, mesdames-messieurs, le petit ange économe, à ma droite le démon dépensier ; ce-dernier, fourbe comme il se doit, a fini par sortir un gourdin -alors que les règles stipulaient expressément que le combat devait se faire à mains nues ! et a assomé le pauvre ange. Toute honteuse et repentante (ouais, ouais), j'ai filé vers le rayon variété française, en me disant que là-bas, au moins, yavait quand même moins de risques que ma carte bleue nous fasse une crise cardiaque. (N'en déplaise à la fédération des amis de la francophonie, je préfère généralement les amerloques) Et ouis, bon, en fait, là encore je me suis faite avoir par une pochette de disque, comme quoi les artiiiistes doivent travailler avec des agences de pub, à moins que ce ne soit moi la grosse faible dans l'histoire -comment ça une hypothèse est plus vraisemblable que l'autre ? Chut alors !
Donc euh, cette fois, c'est surtout le titre qui m'a accorché : "la femme chocolat". Ouais, c'est quand même gros, comme coup de pub ; ces paures chanteurs savent plus quoi inventer pour appâter les jeunes filles sans défense. Enfin, en l'occurence, c'est une chanteuse, une certaine Olivia Ruiz. Les chansons sont sypathiques dans l'album, ma préférence allant aux deux premières...Euh, alors là, je sais plus le titre de la toute first, et étant assie par terre en face d'un portable branché à l'arrache j'ai la flemme de faire les dix mètres qui me séparent de ma chambre -où se trouve la pochette- donc euh, tant pis. Mais pour me faire pardonner (j'suis un amour, dans le fond), je vous mets les paroles de "la femme chocolat", donc :
Taille-moi les hanches à la hache
J'ai trop mangé de chocolat
Croque moi la peau, s'il-te-plaît
Croque moi les os, s'il le faut
C'est le temps des grandes métamorphoses
Au bout de mes tout petits seins
S'insinuent, pointues et dodues
Deux noisettes, crac! Tu les manges
C'est le temps des grandes métamorphoses
Au bout de mes lèvres entrouvertes
pousse un framboisier rouge argenté
Pourrais-tu m'embrasser pour me le couper...
Pétris-moi les hanches de baisers
Je deviens la femme chocolat
Laisse fondre mes hanches Nutellasses
Le sang qui coule en moi c'est du chocolat chaud...
Un jour je vais m'envoler
A travers le ciel à force de gonfler...
Et je baillerai des éclairs
Une comète plantée entre les dents
Mais sur terre, en attendant
Je me transformerai en la femme chocolat...
Taille-moi les hanches à la hache
J'ai trop mangé de chocolat...
Coquinou, coquinou ! Je sais pas si je peux vraiment m'identifier à cette "femme-chocolat", vu que bon si un type me propose de me tailler les hanches à la hache je peeeense que je m'enfuirai en courant, mais en même temps je suis une sacrée gourmande, et j'aimerais bien avoir du chocolat chaud dans les veines.... Mmmh !
En l'occurence, c'est plutôt de la théine qui serait d'actualité, puisque jai fait dernièrement une nouvelle virée dans cette merveilleuse boutique de thés qu'est "Mariages frères", où on vous fourre des gros pots de thé sous le nez pour vous permettre de faire votre choix... Ah, et en outre, je mets un point d'honneur à utiliser ma superbe mug "I love NY" aimablement rapportée par mon petit frère (ce petit ******* qui est allé à New York ! Grrr ! Quand j'ai même pas eu l'occasion d'aller à Londres une fois dans ma vie ! British Museum, viens à moiii !). En même temps, en cette période de régimes, j'estime qu'il est salutaire de parler de chocolat et de défendre haut et fort le droit, le devoir plutôt ! de croquer la vie à belles dents. Et sur cette réflexion hautement philosophique, nous nous arrêtons.
20:12 Publié dans La fille aux cheveux de lin | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
18.03.2006
Vents d'Est, droits d'auteur, etc.
Youpi ! Une nouvelle note dans la grande tradition du "je raconte ma vie et c'est tout à fait inintéressant mais je m'en contrefiche c'est mon blog nananère" ! Aaah, je vois à votre sourire épanoui que ça vous fait drôlement plaisir, à vous aussi !
Bon, une fois de plus il va être question de musique... C'est quand même un peu grave, je suis en lettres classiques, je devrais trouver le moyen de parler un peu d'Homère, d'Archillque, de Theognis... D'un autre côté je me vois mal vous baratiner sur mon devoir de métrique, sur mon plan de maîtrise (aïe aïe, quel casse-tête !) ou sur les joies du thème grec... ce serait vraiment, VRAIMENT sadique. Hahaha. Peut-être bien que je le ferai, du coup ! Quand on a parlé de l'arbre généalogique des julio-claudiens, je suppose qu'on peut aborder à peu près tous les sujets (oui oui, un de ces quatre cette somptueuse note rejoindra ma cathédrale engloutie...)
Euh, j'avais dit que je parlais musique, non ?
[oui]
Bon, euh, j'arrive, j'arrive. Donc, hier, je suis allée au concert ; oui, m'sieurs dames, je sors de chez moi, de temps en temps - surtout qu'en ce moment avec la Sorbonne fermée j'ai tendance à moisir sur mon bureau, pas très sain ça -. Tiens, d'ailleurs, je suppose qu'en tant que Sorbonnarde je devrais avoir un tas de choses à dire sur le sujet, ces grèves, tout ça, mais en fait, euh... J'ai pas envie ^^. C'pô que j'm'en fiche, un notez, mais c'est un peu trop complexe à démêler pour moi, et comme j'entends tout et son contraire je saurais pas trop vous dire comment je me positionne, ce qui est sûr c'est que je préfèrerais avoir cours, ça me forcerait à cravacher pour de bon pour ma maîtrise et mon thème grec. Et ma version latine pour lundi ; euh, finalement, attendez un peu avant de rouvrir la fac, siouplaît, que je me mette à jour... J'ai passé l'après-midi sur ce fichu thème hier, tout ça pour écrire... trois phrases, en fin de compte ! C'est minable, mi-na-ble. Mais passons, ya des sujets autrement plus graves dans la vie.
Et puis, de toute façon, je vois pas pourquoi je m'embête avec tout ça, de toute manière je vais bientôt être millionaire. Ouaip, absolument, j'ai l'intention de réclamer des droits d'auteur à môssieur Bruel Patrick : hier donc, en me rendant à ce fameux concert dont je vaiiis finir par parler, patience, je suis tombée sur l'affiche de son dernier concert/album, who knows, et ça m'a laissée sur le cul ; enfin, non, je me suis pas assise par terre devant la colonne machin, mais j'ai été interloquée : je sais pas si vous l'avez vue, cette affiche, mais il est manifeste que le bonhomme a honteusement copié sa pose sur MA photo, la petite chose en haut à gauche de votre écran -oui oui, c'est bien moi. Donc voilà, la lumière blanche, l'atmosphère bleutée, le regard sur le côté... Il a tout copié, le saligaud ! Il s'en tirera pas comme ça, je vous le dis, je compte bien réclamer les droits d'auteur qui me sont dûs !
Bon, maintenant que la question de mon avenir est réglée, traversons la Seine et rendons-nous en ce charmant, délicieux conservatoire vaguement croulant (comme tout conservatoire qui se respecte), au concert donné par ma proprooof de violoncelle, une prof de flûte et un prof de piano ; ou accopagnateur de piano. Alors, théoriquement, le concert devait s'intituler "Vents d'Est", et le pianiste devait être la personne figurant désormais dans mes liens (sisi) sous le nom de "Mozart en Buffalos" ; vous pouvez cliquer mais je vous préviens tout de suite que le vert -printemps fait très mal aux yeux. Donc, bref, quand vous cliquerez là-bas, vous lui demanderez, à vincent the one, pourquoi il s'est finalement défilé, le bougre ; il a été remplacé au pied levé par l'auuutre accompagnateur du conservatoire, et comme je le disais au précédent accompagnateur (hahaha, ça devient n'importe quoi et vous suivez plus du tout, j'adore !), la c'était plus pingouin que Buffalos. Ma bon, s'il aime jouer en costard, c'est son problème.
Donc bref, suite à ce changement de pianiste, le concert a été méchamment chamboulé, et de "Vents d'Est", on est passé à des "Charmes imprévus"... Autrement dit j'imagine que nos trois larrons ont dû chercher en quatrième vitesse ce qu'ils pouvaient vaguement jouer, ce qui donnait quelque chose d'assez..éclectique. Bon, moi ça m'a pas arrangé, parce que là aussi je comptais bien recueillir quelques droits d'auteur, vu que, bon, je suis quand même supposée faire un concert sur le Danube, alors le coup du "Vent d'Est" ça fait quand même un peu double emploi ! Bon, sauf qu'évidemment, ma prof aurait joué des trucs que mon piètre niveau ne me permet certainement pas d'envisager, mais on ne va pas s'attarder sur ce genre de détails. Va d'ailleurs falloir que je commence à réfléchir à l'ordre du programme, que je trouve un moyen de mettre un ordre à peu près sympathique, vu que descendre bêtement les différentes villes d'Ouest en Est ça le fait pas trop, à mon avis, vus les morceaux. Bref, c'était une réflexion palpitante. Mais quand j'aurai fait ces petits textes, je les mettrai pitêtre sur ce beauuu blog, histoire de faire un max de pub et de me ridiculiser devant un maximum de monde ! (moi, maso ??? maiiiis non, pas du tout).
Donc, voilà, le concert était sympathique, j'aime bien ce côté imprévu, un peu à l'arrache... euh zut, je suis supposée exprimer à merveille les sensations ressenties face à tel ou tel morceau, beh ça y est, cette belle réputation vole en morceaux... Tout ça était follement romantique, assez charmant (bien, pour un concert intitulé "charmes" machintruc) ; bon, après, évidemment, je pourrais cupabiliser à mort en voyant qu'en quelques heures trois personnes arrivent à monter un concert qui tient la route alors qu'en un an je vais péniblement aligner une petite demi-heure de musique même pas bien jouée, mais si je pars comme ça je risque de m'enfuir en courant le 30 mai, ça serait un peu dommage ! Allez, un peu de courage ! Austerlitz ! Wagram ! Etc ! (oui, le nouveau truc pour se redonner du peps c'est de se prendre pour Napoléon... ya peut-être des effets secondaires, style mégalomanie ou goût pour des chapeaux ridicule, mais bon...)
Je n'arrive pas à croire que j'ai fait une note aussi inintéressante. Mais bon, ce blog était bien trop parfait, fallait bien baisser un peu le niveau...
12:04 Publié dans Ce qu'a vu le vent d'Ouest | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note
15.03.2006
Et si tout allait bien ?
[27/09/04]
Je viens de faire un tour chez des amis d'amie, ou si vous préférez, sur les blogs découverts sur le net par ma petite miaounette ; je suppose que vous aussi vous sautillez de blog en blog parfois ? J'ai vu une citation d'Horace mais je ne sais plus sur lequel, qui disait en gros qu'il fallait savoir apprécier les moments où l'on est heureux. Vous vous rendez compte ? Horace et moi, on pense la même chose, à quelques 20 siècles de distance(aïe aïe aïe, petite lettres class', tu devrais connaître par coeur le siècle d'Horace, non ?).
J'ai eu dernièrement à faire une version de Sénèque qui dit d'ailleurs à peu près la même chose, et pour le coup, je sais que c'était il y a 20 siècles ! :D Quand je dis que ce que raconte Sénèque n'est pas très original...vous voyez bien ! Quoi qu'il en soit, je pense toujours la même chose, c'est rassurant.
Sinon, je me suis bien amusée avec le blog de la hippie (^^) mais elle m'a énervée, à toujours "adorer" ou "détester" ce qui passe devant ses grands yeux...saletés d'ados idéalistes ^^. Ce qui m'énerve le plus sur les
blogs (mais je peux parler, je fais pareil...peut-être moins, maintenant ?), c'est cette fâcheuse manie qu'ils ont, ces djeuns, à s'encombrer la tête de mots et de phrase les plus compliquées possibles, comme si être adulte c'était se poser plein de problèmes existentiels, et que le plus incompréhensible était le plus mature.
Eh bien, j'en suis revenue. Ca n'est peut-être qu'une phase, mais savoir être adulte, à mon humble avis, c'est pas ça. C'est pas se plonger avec délectations dans des problèmes morbides ou des délires psychédéliques, ça, c'est rigolo un temps. Allez, allez, braves gens, soyons simplements heureux et voyons la vie simplement. il me semble que c'est la meilleure chose à faire, sinon la vie, quelle galère !
Ah, où se posait-on la question de savoir ce que c'était d'être adulte ? Ton blog, mman ? Apparemment, cette fois encore, je me montre d'une rigueur presque inquiétante dans mes convictions ! ^^
Le blog que je préfère dans ceux qu'a dénichés Maman bloub, c'est celui de la future maman (un petit bout pour bibou, je crois). Pour le coup, les histoires de femme enceinte, c'est chouette et assez émouvant, je dois dire. Ce qui m'énerve-amuse aussi, c'est qu'elle pèse 56 kgs et des poussières, et se juge énorme. C'est vrai qu'elle a un gros ventre mais elle pèse à peu près comme moi, la bougresse ! (enfin, je crois...ça fait une éternité que je me suis pas pesée...tant que je rentre dans mes jeans ^^).
Oui, il était pas mal, ce blog...enfin, surtout jusqu'à l'arrivée de la petite Mélanie.
Haha, les problèmes de poids... ça c'est d'actualité ! Dans l'Avantages de ma mère, c'en était comique : on passe de "musclez-vous pour être mince" (ou un truc comme ça) à la pub pour Dove "faut-il être une allumette pour mettre le feu ?", puis x pages de régime-génial-de-la-mort-qui-tue, entrecoupées de pubs contrex ou pour des crèmes anti-rides lift-fermeté, avant d'arriver enfin aux pages cuisines... Rha, d'habitude, c'est appétissant, mais là, à la longue, les veloutés de concombre et les brochettes de tofu, ça avait un côté un peu... Enfin, je dis pas que je n'aime que les hamburgers et le foie gras, mais quand même... Enfin, ça me fait rire ; j'me trouve très bien, on me trouve très bien, je vois pas pourquoi j'irais me prendre la tête sous prétexte d'arrivée du printemps, qui, en soit, est plutôt une excellente nouvelle, non ?
Pour vous parler un peu de moâ, quand même, vu que c'est quand même le but de la présente rubrique et mo activité favorite (preuve que je suis encore une horrible djeûne et pas une charmante et altruiste mémé), je passe en revue le cours de violoncelle d'hier ; ceux qui me msn-connaissent savent que j'étais pas très bien, après coup. Pourtant, en y allant, j'étais tranquille (...j'étais peinard...lalala ça n'a aucun rapport), et contente de revoir ma prof. Mais je crois que le redémarrage a été un peu douloureux, et pas seulement à cause de mes ampoules aux doigts ; ça m'apprendra à m'octroyer des pauses indues !
J'ai commencé par lui jouer l'allemande de la ..deuxième (?) suite de Bach, et elle m'a demandé : "à ton avis, quel est l'esprit de cette allemande ?" Comme souvent, quand elle me pose cette question, j'ai commencer à me gratter la tête, à regarder la partition avec un air profondément concentré, sans rien y plus lire d'autre que des rangées de taches noires. Pourtant, l'interprétation, d'habitude, c'est mon fort, surtout avec Bach. C'est ce qu'elle me dit, en tout cas, ma prof chérie-flatteuse d'ego : que je suis très musicienne, et que ça fait passer les petits problèmes techniques. Moi ça me va, je lui parlerai un de ces jours de l'hémisphère droit de mon cerveau ^^. Bref, elle m'a expliqué que les allemandes des suites de Bach se suivaient (ahi ! même pas fait exprès !) et ne se ressemblaient pas. Que certaines étaient très "allemandes", c'est-à-dire un peu lourdaudes et guillerettes, style celle de la troisième. Un peu genre ptite danse de paysans au fin fond de la Bavière, si vous préférez. Et d'autres, au contraire, dixit toujours ma prof, sont presque des sarabandes, c'est-à-dire très posées, un peu graves... et bon, manque de pot pour moi, celle-ci l'était, et donc je la jouais à la fois trop lourde et trop piquée (est-ce du chinois, ce que je raconte ?) Il va donc falloir que je me calme un peu, que j'aille puiser dans mes austères racines espagnoles (il paraît que mon nom est de cette origine, d'ailleurs), et que je dois jouer avec plus de légèreté et de solennité à la fois cette allemande, puisqu'elle se trouve être en ré mineur, c'est-à-dire pas vraiment du genre tralala pouet pouet sortez les tonneaux de bière.
Ma prof, qui aime les images et moi aussi, ce qui tombe bien, m'a expliqué qu'il fallait que je m'imagine que je jouais de la viole de gambe à la lueur d'une bougie, et pas du violoncelle sous les néons flashis d'un conservatoire. J'a-dore ma prof.
Morceau suivant : la sicilienne de fauré. Connaissez-vous ? C'est un standard, un tube du violoncelle-ou du violon, qui est d'une douceur exquise ; on dirait une promenade en gondole à Venise, j'imagine, avec ce si joli rythme de sicilienne, qui est sans nul doute mon préféré, et qui, pour ceux qui ont fait du solfège, est le fameux "croche pointée-double croche-croche". Avant les vacances, ma prof m'avait dit de travailler la vitesse d'archet, justement pour donner ce côté balade, ou je ne sais pas trop comment expliquer...une espèce de berceuse au rythme des vagues... bref, je devais rendre ça en variant la vitesse d'archet : on va très vite au début, puis on ralentit pour jouer...la sicilienne. Enfin, je ne crois pas que j'aie réussi à faire cette vitesse d'archet, mais le résultat c'est que je la jouais beaucoup trop vite, cette sicilienne, ce qui est un comble chez moi, qui suis justement du genre à me laisser bercer au risque d'endormir l'auditoire. D'ailleurs, c'est peut-être par cette crainte que je suis tombée dans l'excès inverse. Ma prof m'a gentiment demandé si je l'avais travaillé avec métronome, ce qui n'est JAMAIS bon signe hinhin. Les yeux au ciel, je réponds "peut-être un peu au début". Elle sourit, me montre le tempo indiqué : noire pointée = 50. "Toi, tu doisel jouer à...oh, 72, quelque chose comme ça". Ooops ^^. sur ce, elle me montre ce qui est marqué à côté du tempo, "andantino", que j'avais à peine dû lire en passant. Nouvelle question à dix mille euros : "Ca veut dire quoi, andantino ? -Ahem, répliqué-je...ben euh...un peu plus qu'andante ? - oui, mais un peu plus quoi ? rapide ou lent ? -euh...(damned, une chance sur deux)...rapide ? -Non, non ! lent, c'est encore un peu plus lent qu'andante !" Allons bon. Donc, je le jouais trop vite, j'imagine. Ma prof continue le jeu des questions fort intéressantes et pas bêtes : "Et ça veut dire quoi, andante ?" Là, je suis bien embêtée, contrairement à ma soeur je ne parle pas italien, et je l'ai su mais je ne sais plus. alors, plutôt que de lui sortir mes gondoles à Venise, je me mets à balancer doucement la tête de gauche et de droite, en disant en riant : "ben, euh...c'est comme ça"...Elle rit à son tour -on rit pas mal, ma prof et moi, même si on dirait pas, surtout quand je lui fais remarquer l'extrême pertinence de ses questions- et me (ré)apprend qu'andante signifie "en marchant". Réplique finale, tout en me jouant le morceau à la vitesse où je l'ai jouée : "ouhlala, je vais rater mon buuus". J'a-dore ma prof.
Le dernier morceau est ce que, sans faire exprès, j'ai appelé "le truc de Prokofieff" lorsqu'elle m'a demandé ce que j'avais travaillé pendant les vacances. Peut-être que vous ne connaissez que Pierre et le loup, et dans ce cas peut-être aimez-vous bien ce gentil et brave prokofieff, mais alors moi, je suis désolée, je ne le comprends pas. Autant Bach, pas de problème, j'ai généralement pas besoin de réfléchir pour l'interpréter, autant Prokofieff, c'est pour moi du Chinois. Ou du Russe, si vous voulez. Ma prof m'avait déjà fait jouer la sonate, et je crois qu'on avait carrément laissé tomber en cours de route, pour cause de morceau d'examen ^^. Mais là, je ne couperai pas au concertino. Je le lui joue-enfin, la première page, la seule que j'aie pu digérer en trois mois-, et elle me demande : "qu'as-tu compris de ce concertino ? -Oooh, j'ai tout compris !", fais-je avec un grand sourire. Re-rire. Et en même temps, assez bizarrement, j'ai ressenti à cet instant un profond découragement, du style : "mon pauvre Prokofieff, je ne comprendrai décidément jamais ce qui se passe dans ta tête, et je ne saurai jamais te jouer..." Comme toujours dans ces cas-là, ma prof me joue le morceau en m'expliquant au fur et à mesure ce qui se passe, ce que je n'ai pas bien fait, etc. C'est à ce moment-là que, vraiment bizarrement, j'ai eu une infinie envie de pleurer. Je me retenais avec une très grande difficulté, mes yeux se mouillant tandis que ma prof jouait, et m'expliquait gentiment que, oui, décidément, dans la première partie de la page, le pauvre Proko avait l'air de dire que la vie était horrible. Prokofieff, c'est assez terrible pour vous faire craquer quand vous jouez. J'écoutais les vieux délires sinistres en me demandant "mais qu'est-ce qui a pris à ce cinglé d'être compositeur ?", j'écoutais incrédule la beauté des notes que ma prof faisait sortir de l'instrument, en me disant que je n'y comprenais décidément rien. Au bout de quelques lignes, tout change ; ma prof dit que c'est comme un moment impressionniste, un tableau pastel... une impression que, finalement, la vie peut être jolie, douce, joyeuse... tout se détend, les notes ne sont plus des cris rauques mais forment une mélodie sereine... rien de pire quand on est juste en face, les nerfs à vif, en essayant de ne pas craquer, que cette soudaine dé-tension... on a envie alors de se laisser aller, mais c'est alors que les larmes qu'on retient à grand-peine se mettent à couler. J'ai été obligée de m'essuyer le coin de l'eil droit à plusieurs reprise, c'était très éprouvant. Je peux donc dire que la musique de Prokofieff me fait pleurer, mais on pourrait mal comprendre...on pourrait croire que je la trouve belle, mais ce n'est pas le cas. En tout cas, maintenant, j'ai compris : quand le bon vieux Proko a composé cela, il était infiniment triste, voire "complètement dég" et en voulait à la terre entière. Après la minute impressioniste, il s'énerve à nouveau, il faut jeter des accords en pizz...c'est EXACTEMENT ça. Genre j'en ai ras le bol, fichez-moi la paix, le voilà votre p*** de morceau, et JBLING ! JBLING ! JBLING !
J'adore ma prof de violoncelle, mais bon sang, la reprise, c'est bigrement éprouvant !
Haha, rien que de relire ces souvenirs de cours, j'ai le sourire qui s'élargit. C'est vraiment une prof que j'aime énormément. Hier, je répétais avec violon, et elle a sorti à la violoniste la même blague que je lui avais sortie une semaine plus tôt...ça craint un peu ! ^^ Quoi qu'il en soit, c'est vrai que je m'entends bien avec elle. Bien sûr, on sort pas les cotillons et on danse pas la rumba, c'est un vrai cours, mais c'est toujours motivant et intéressant. Il faut dire que je la connais depuis....fiou ! J'avais onze ans, ma bonne dame ! C'est elle qui m'a réellement mis le pied aux étriers, m'enseignant cette leçon douloureuse mais nécessaire : pour progresser, il faut travailler. Non, sans rire, j'étais pas au courant... C'est ça d'avoir trop de facilités en général, mais pas en musique !
Je pourrais parler des morceaux que je joue en ce moment, mais il me semble que cette note est déjà d'une longueur indue, et je ne voudrais pas décourager mes aimables lecteurs déjà parvenus jusqu'ici !
Enfin, quoi qu'il en soit, je ne suis pas très à mon avantage, dans ce cours, on dirait. J'ai joué, depuis, le Bach et le Fauré à une "carte blanche", et j'ai trouvé que j'avais été assez moyenne, mais en voyant la cassette ça n'était pas si mal (si on ne prête bien sûr pas attention à mes grimaces intempestives !). Quant à Prokoviev... C'est amusant, parce que j'ai reparlé de ça avec quelqu'un pas plus tard que la semaine dernière... J'aime bien la musique russe, mais ça me correspond pas du tout, c'est trop dur, trop extrême, trop dépressif peut-être. Ca paraît bizarre de la part de quelqu'un qui se délecte de tragédies grecques à longueur de journée et en ressort avec un sourire grand comme ça de dire qu'une musique est trop triste, mais les Russes, je vous assure que c'est pas du tout la même chose. D'une certaine manière, je dirais que la tragédie grecque vous laisse serein, touché, songeur, mais serein, alors que les Russes me mettraient presque mal à l'aise. Je ne déteste pas, j'aime bien même, mais c'est un état d'esprit que je comprends mal.
Le fait que j'aie vécu en Normandie, aux dires de l'autre, pourrait dans une certaine mesure expliquer cela : il ne pleut pas tout le temps là-bas, mais le climat est très variable. Alors, ça expliquerait que je sois du genre à prendre les choses avec une certaine légèreté - ou avec philosophie si je veux me jeter quelques fleurs au passage. Il fait jamais trop chaud ni trop froid, et je suis pas non plus du genre à partir dans les extrêmes ; je suis pas une bout-en-train tralalayoupipouëtpouët, c'est sûr, même si je pars parfois dans des délires qui peuvent sembler déroutants. Et il m'arrive de piquer des grosses gueulantes, mais c'est assez rare pour que, quand ça arriv, les gens me regardent avec des yeux ronds comme des boules de bowling. Comme disait ma prof quand je jouais -assez mal- une suite de Manuel de Falla, moi, c'est plutôt "Normandie, vertes prairies" que sierra espagnole. Peut-être qu'on doit trouver ça fade, au bout d'un moment ; mais on ne se refait pas...
Bref. Promis, je m'arrête là, cette note est un monstre. "Et si tout allait bien ?" Oh bah voui, ma bonne dame, tout va on ne peut mieux, merci ! Et chez vous ? Ca baigne ?
09:50 Publié dans La cathédrale engloutie | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
12.03.2006
Paris en bouteille
Si mes parents n'avaient pas aimé la musique.
S'ils ne m'avaient pas inscrite en classe d'éveil musical.
Si j'avais choisi le pipeau au lieu du violoncelle.
Si nous n'avions pas déménagé.
Si nous avions habité à Ménilmontant.
Si j'avais continué le théâtre ou le dessin plutôt que la musique.
Si j'avais eu tel professeur de violoncelle plutôt que telle autre.
Si nous n'avions pas déménagé.
Si nous étions restés à Cherbourg.
Si ma prof ne m'avait pas suggéré de changer de conservatoire.
Si j'avais fait de l'harmonie.
Si je n'avais pas eu mon examen.
Si je n'avais pas été si triste.
Si je n'avais pas été à cette soirée.
Si tant de couples n'avaient pas été là.
Si je n'avais pas craqué.
Si Laure n'avait pas été là.
Si Laure n'avait pas trop regardé Amélie Poulain.
Si je n'avais pas été en Suisse.
Si ma mère n'avait pas trouvé de jolies cartes postales.
Si ma mère n'avait pas eu de timbres.
Si je n'avais pas pris mon courage à deux mains.
Si ma carte ne lui avait pas plu.
S'il ne m'avait pas répondu.
Si on ne s'était pas vus.
S'il m'avait trouvée moche et stupide.
S'il ne m'avait pas embrassée.
Parfois, la vie réserve d'heureux hasards ; parfois, ça vaut le coup de les provoquer (un peu). A bon entendeur. :)
17:05 Publié dans La fille aux cheveux de lin | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
09.03.2006
Sportivement vôtre
[30.05.04]
Incroyable, n'est-ce pas ! Non non, je ne parle pas du fait que, comme promis, j'actualise mon blog avant le "joli mois de juin" (voilà que je me lance dans l'intertextualité intrabloguesque), non non...voyons...enfin quoi ? Vous ne tiltez pas ? Ce titre ! Quel bel oxymore...le sport et moi, moi et le sport... quelle belle histoire d'amûr ! Hum, trêve de plaisanteries. C'est bien simple, je ne fais du sport que quand :
1. il fait beau
2. je suis motivée
3. j'ai vraiment rien de mieux à faire ou j'agis sous la contrainte
Autant dire jamais, sinon en vacances. Mais la randonnée en montagne, ce n'est pas vraiment du "sport" puisqu'on y prend du plaisir ^^. Bon bon, j'arrête ou des sportifs dans l'âme vont me sauter dessus en hurlant harro sur le baudet...et bon, j'ai pas envie de me retrouver avec un quinze de rugbymen sur le dos (quoique...juste un beau rugbyman qui...hum, bref). Et pourtant, sisi, je suis en cette belle soirée sportivement vôtre. Enfin, un peu quoi, faut pas non plus "pousser mémé dans les orties", comme dirait l'autre. Pauvre mémé quand même...et puis j'ai arraché les orties des plates-bandes, yen a plus. Comment ça, hors-sujet ? Je vous assure que c'est du sport !
Bon bon, d'accord, je n'insiste pas, vous ne saurez rien sur la passionnante vie des racines d'orties. [saleté ! saleté ! Et vlan ! un coup de pioche !]
Revenons à des choses sérieuses. Et tâchons de donner à l'événement toute la grandeur qu'il mérite. Cette semaine, en raison de la manifestation des gaziers et électriciens qui bloqua la rive gauche (aaah quel spectacle amusant que ces parisiens dans les bouchons sous le soleil de mai...), le vélo était encore la meilleure solution (je n'aime pas le métro. Je sais, je suis vraiment une petite bourge, mais c'est comme ça. Le RER quand il fait chaud, ça pue. Et pis...j'ai pas chargé mon pass navigo. Sans commentaire). Et donc, tadam, j'ai sorti mon vélo et zouip zouip à coups de pédale je suis allée jusqu'à cette bonne vieille Sorbonne. Hum...j'ai l'impression que ça n'est pas aussi impressionnant que les pectoraux d'acier d'un Brad en jupettes ; et pourtant... c'est un événement qui mériterait bien, lui aussi, la plus grande salle du montparnasse...ahlala mes transitions géniales m'épateront toujours (faut bien qu'elles épatent quelqu'un)...C'est d'ailleurs à vélo qu'on comprend le mieux pourquoi MONTparnasse s'appelle comme ça...et on se souvient de l'existence de cette brave Geneviève. La montagne, évidemment, la sainte on ne s'en souvient pas beaucoup plus qu'à pied ou en voiture, je crois.
Voilà. Ce fut beau, épique, et je le refis le lendemain tellement que j'étais folle/motivée/ce que vous voulez. Précisons que le vélo dans Paris est une épreuve à la fois physique et morale, et qu'elle exige une assez grande force de caractère. Après Daniel dans la fosse aux lions, le cycliste dans la fosse aux automobilistes parisiens.
Sinon, comme sport, je suppose qu'on peut difficilement prendre en compte les séances rituelles de glandouillage devant matchs de foot et de tennis...Aaaah, sacré Roland-Garros. Ne vous inquiétez pas, je ne pousse pas la perfidie jusqu'à suivre le tour de France. Tout de même, restons sérieux. Bon...alors euh...pour avoir l'air d'être une grande sportive je peux enfin terminer en mentionner la chamrante séance de déménagement d'hier, qui elle aussi fut une épreuve mentale puisqu'il fallait supporter l'humeur de mon père... le bon côté étant qu'elle s'améliore brutalement dès que la camionnette est chargée. Et j'ai découvert que j'étais extrêmement douée pour ranger de façon extrêmement subtile, rationnelle et sublime (ça devrait aller comme ça) les cartons entre les meubles. Je concluerai donc cette note par un glorieux : vive moi.
Bon, voilà une note qui n'avait rien de philosophique, rien de palpitant, qui ne racontait même pas grand-chose d'intéressant, puisqu'on y apprenait seulement que, donc, en ce 30 mai 2004, j'étais allée en cours à vélo.
Pourtant, j'ai extirpé cette note parce que j'en suis très fière ; sisi, je vous assure. Je me reconnais parfaitement là-dedans, et je pense que je pourrais réécrire la même chose, au mot près, aujourd'hui (même s'il fait trop mauvais pour que je sorte à vélo !) : voilà le ton de notes que j'aime, j'aime broder sur rien, j'aime choisir délibérément des sujets inintéressants et les gonfler comme des ballons de baudruche, avec un égocentrisme totalement assumé.
Je me souviens d'ailleurs que cette note m'avait valu les éloges de celui qui n'était encore qu'"Orphée", et qui s'avère être mon cher fiston ; qu'il fut doux de s'entendre dire qu'on est très spirituelle !
J'aime toujours autant me balader en vélo à Paris ; c'est assez complexe, et ça demande pas mal d'autorité, mais je crois que justement, j'aime bien faire MA parisienne, et m'imposer aux voitures, le dos bien droit [j'ai un mal de dos insupportable aujourd'hui, et je dois transporter le violoncelle au conservatoire...au secours !]. Je voyage toujours en tickets de métro, pour me forcer autant que possible à utiliser mes petites papattes pour les petits trajets. Et même si, pleine de bonnes résolutions, je me suis inscrite pour faire du "sport en Sorbonne"...c'est resté lettre morte. Peut-être serai-je moins incorrigible l'année prochaine ?
Ressortir des notes datant d'une fin mai me rappelle enfin combien, ô combien je suis impatiente de voir revenir les beaux jours ; j'adore le printemps, quoi de plus otpimiste qu'une saison dont on se dit qu'elle ne peut que tendre vers le mieux ? Bon, j'adore aussi l'automne, en fait, mais c'est vrai que ce fut drôlement réjouissant, l'autre jour, en traversant le square Pablo Casals [Non, je ne fabule pas, c'est son nom !] de croiser trois bourgeons de rosiers vert tendre.
Le trente mai prochain, j'espère qu'il fera beau ; je serai probablement très, très stressée, pour cause de pseudo-concert, alors un peu de soleil ne pourra que faire du bien !
13:30 Publié dans La cathédrale engloutie | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
08.03.2006
Etre là où il faut
Ca y est, c'est officiel : je suis une habituée.
Hier midi, je suis retournée dans un petit chinois que je fréquente assez régulièrement, mais où je n'étais pas allée depuis un bon bout de temps ; arrivant à midi trente et non à quatorze heures, j'ai été assez surprise de voir que la dizaine de tables était prise d'assaut, et qu'il fallait faire la queue pour s'assoir : ben mon vieux ! Ce resto connaît un succès grandissant ! En même temps, c'est rassurant : ça prouve que je n'ai pas forcément trop mauvais goût.
Donc, fidèle à mon habitude de pas-trop-mangeuse-le-midi-sinon-c'est-la-sieste-assurée, je commandai ma fidèle soupe piquante poulet - lait de coco, et tant pis pour la grippe aviaire, si je veux manger du chat, c'est mon problème. La vendeuse me gratifia d'un grand sourire et, lorsque son frère m'apporta ma soupe, quelques deux minutes plus tard, il ajouta un paquet de chips à la crevette en prime, avec un sourire. Tout ça au milieu de la foule de personnes qui continaient à commander leurs nems et formules à 4 euros 50.
Je sais bien qu'ils essaient sans doute de fidéliser la clientèle, mais, moi qui pensais qu'ils m'avaient plus ou moins oubliée, j'étais surprise et ravie ! (j'aodre les chips à la crevette...)
Par ailleurs, l'après-midi, lorsque s'acheva mon baby-sitting, la mère de mes terreurs me refila un trousseau de clés. Bon, elle m'avait dit qu'elle devait le faire depuis un certain bout de temps, mais je dois avouer que ça fait un certain effet d'avoir les clefs d'un autre endroit que sa propre maison (ou que l'appart de ses parents, dans mon cas !). Je me retrouve avec un trousseau énorme, on dirait celui de ma mère Oo ; mais comme elle dit, avoir un énorme trousseau, c'est le meilleur moyen de pas perdre ses clés. Certes.
Donc, en ce mardi, j'ai eu l'étrange et délicieux sentiment d'être une habituée.
Oui, je ne pensais pas que c'était si agréable ; j'ai le sentiment, pour une fois, d'être à ma place, d'avoir mon trou. C'est vrai, en général, j'ai une fâcheuse tendance à me mêler d'univers qui ne me regardent pas : je suis parisienne mais connais très mal Paris, je suis dans un conservatoire d'arrondissement mais ne me destine pas à être musicienne professionnelle, je vais à la Sorbonne tous les jours et n'aime pas DU TOUT le milieu universitaire, je suis catholique mais supporte mal les grenouilles de bénitier dévisseuses d'ampoules... Bref, je me retrouve assez régulièrement dans la fâcheuse posture du "qu'est-ce que je fous là ?"
Je ne prétends pas qu'il faille se fondre dans la masse pour être heureux, mais pour être bien dans ses pompes, j'estime qu'il est important que lesdites pompes ne soient pas des talons aiguilles quand on est sur un terrain de basket. [Touille, faut vraiment que t'arrêtes avec tes métaphores à la glu !] Je ne veux absolument pas dire qu'il faille nécessairement se couler dans le milieu qu'on fréquente (je parle de milieu professionnel, et affinités, essentiellement) : j'en parlais justement samedi dernier, avec un ami, au cours de cette fameuse "cup of tea". L'ami en question étant plus âgé que moi, il avait des choses assez intéressantes à répliquer à mes problèmes d'orientation, lorsque je lui expliquais que j'aimais le grec mais ne voulais pas être prof, que par ailleurs je ne voulais pas faire de mes passions mon gagne-pain, que j'aurais trop peur de finir par me dégoûter moi-même de la musique ou du dessin. Je suis peut-être trop dilettante, mais je ne tiens pas au "métier-passion". Pour moi, il y a le boulot d'un côté -si possible pas trop inintéressant, évidemment-, et le reste. C'est pour ça que je ne veux pas être prof : quand on est prof, c'est un sacerdoce, on l'est matin, midi, soir, et sans doute la nuit aussi, quoi qu'en disent les crétins qui prétendent que ce sont des fainéants.
Bien qu'il soit à la fois professeur et compositeur, mon interlocuteur m'écouta avec intérêt et sembla trouver ma position tout à fait respectable. Son commentaire fut pour moi source d'enrichissement : bien sûr, il y a un "milieu" professoral, un "milieu" de médecins, un milieu de la création contemporaine (il est bien placé pour le savoir) ; après, certains sont à fond dedans, mais ce n'est pas obligatoire : l'important c'est de savoir garder la distance qu'on estime nécessaire.
Je vous laisse méditer là-dessus.
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